BALI 7 : une vie presque ordinaire

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Hello, hello again

Ce soir, je m’endors tard, il est déjà 22h30.

C’est Maman qui se charge de cette tâche, ainsi que celle du changement des couches. Papa se propose mais il préfère me montrer les vidéos. Je demande encore ma Mamie, bien que ma vidéo préférée reste celle où je suis dans les bras de Papa dans la mer.

Peut-être qu’un jour, en relisant ces phrases, je prendrais conscience que lorsque j’étais en poussette ou dans les bras de Maman, cela n’arrêtait pas de me sourire, de me tendre les mains, de vouloir me prendre dans ses bras, de me montrer les enfants et bien entendu de me prendre en photos. Les hommes comme les femmes et même des policiers !

A midi, on va manger au restaurant du Komala 1 que Papa a bien connu. La jeune serveuse s’amuse avec Moi avec un ballon et veut me prendre dans ses bras. Mais, Moi je ne veux pas. Mes parents passent dix minutes à choisir les plats lorsque cette dernière leur dit qu’ils ne font les plats qu’ils ont choisis !

Direction Totemo, une valeur sûre. En face de nous, il y a un jeune (pas plus de 25 ans) type blond mais plus informaticien que surfeur avec un non moins jeune (pas plus de 22) indonésienne. Ils ne vont pas ensemble mais c’est leur vie. Je regarde la fille aux cheveux noirs qui a bien vu que je voulais entrer en contact avec elle. Elle me répond par des sourires.

Papa prend le plat de la dernière fois de Maman (seafood dans une feuille de banane) et Maman prend du thon dans une délicieuse sauce à la noix de coco. Pour Moi, c’est un Cap Cay (mélange de légumes avec du poisson). En attendant que les plats arrivent, je m’entraîne à monter les marches menant à l’étage car pour aujourd’hui, nous mangeons au rez-de-chaussée.

Papa m’aide. Souvent, je veux faire comme lui. Enfin, sauf pour prendre la douche. Le repas se passe encore mieux que la dernière fois. Pour le dessert, j’ai droit à un yaourt au miel. Il faudrait plutôt écrire du miel au yaourt.

Le temps de rentrer, il est presque deux heures. Papa doit aller sur internet pour relire le manuscrit de son dernier livre. Je ne le verrai pas avant la plage car il sera déjà dans les vagues. Maman me réveillera mais je me rendormirai dix minutes. Je me suis décalé. Je pourrais voir notre marchand de maïs que Papa n’aura pas vu. Il a trois enfants : une fille, un garçon et une fille de deux ans.

Les vagues sont moins fortes qu’hier mais tout de même. La baignade n’est pas interdite car il n’y a pas de forts courants tourbillonnants, rien qu’un fort courant de recul. Papa surfera deux vagues dont une où il devra s’arrêter par manque de souffle, tellement il était parti de loin. Certains s’aventurent plus loin que lui et même derrière la vague. Cette époque où Papa y allait est terminée. Il en aura pris des fortes vagues en étant aussi dans le rouleau. Mais c’était le temps d’avant.

Pour les surfeurs, comme d’habitude, il faut pour certains un discours de rappel. Tous coopèrent. Lorsque j’arrive, je trouve l’eau trop froide pour me baigner. Je serai à l’eau plus tard en compagnie d’une enfant indonésienne qui prend soin de moi bien que Papa soit à mes côtés. Elle se baigne avec sa robe et son chemisier.

Le coucher de soleil fut beau, un peu moins peut-être que celui d’hier, mais les couleurs de ton orangé ont donné une belle couleur. Ce soir en rentrant dans la petite rue de notre hôtel, on croise un petit garçon qui me sourit et me lance : « hello, Gabriel ».

C’est ce que me dira la femme de notre marchand de noix de coco qui va encore me donner deux jambu et deux morceaux de mangue. Je n’en ai pas voulu avec mes parents mais ici je les mange. Il y a toujours du monde au stand. Bapak le vendeur, reste fidèle à lui-même, mélange de nonchalance et de gestes précis. Ils vont bientôt partir. Cela écourtera cette promenade car pour le retour nous passons par la rue Patimura avec un arrêt au stand de crêpes à la noix de cajou (7 000 roupies) et au jus de fruits. Il n’y aura pas de mangue pour Papa qui se rabat sur de la goyave et pour Maman, ils finiront leur stock de fruits de la passion ce qui donnera un jus plus à l’eau qu’autre chose. Il faudra le leur dire demain, sous peine de changer définitivement de fournisseur. Ils sont gentils mais il y a des limites.

Surtout qu’a Patimura, dans cette place, les deux vendeurs de jus se trouvent côte à côte. Au début, Papa allait au premier et puis un jour, il a testé celui d’à-côté avec la fille qui devait travailler au moins douze heures par jour, voire 7 jours sur 7. Il avait adopté cette échoppe et la fille le connaissait car en le voyant, elle lui disait ‘mango juice’. Il est vrai qu’il devait y venir deux fois par jour.

Il commence à se faire et je commence à montrer des signes de fatigue. Les journées se ressemblent mais sans être les mêmes. Je me suis bien acclimaté à cette nouvelle vie. Même aux couches indonésiennes que je viens de tester. Ici ce qui change, c’est le format, pour eux le format XL correspondant à 20 couches. Le prix est moins cher qu’en France, 3 euros. Il existe aussi des Pampers, trois fois plus chères.

Doucement, les jours s’écoulent, le mois de juillet va bientôt prendre fin. Mais cela je ne le prends pas du tout en compte. J’ai ici tout ce dont j’ai besoin : on me fait la lecture (j’aime bien les histoires de Petit Ours Brun), on joue avec Moi et surtout j’ai toujours ma Maman dans ma vision. Sinon, je lance les mots ‘Maman, Maman’.

Je vis une vie simple qui me convient, qui respecte mon rythme biologique, même s’il y a du bruit dans les rues, de la pollution avec les motos et voitures. Je passe de belles vacances et je découvre dans mon petit univers toute une panoplie de rencontres qui me dise que même dans ce temple du tourisme, on peut me dire ‘hello Gabriel’ rien que par sympathie.

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