Articles avec #langue sauce piquante tag

Publié le 3 Avril 2016

bourbier inextricable, merdier merdique

Pris au sens figuré, un bourbier est par définition "inextricable". Il n'est donc pas nécessaire de le flanquer de cet adjectif comme cela semble être devenu la règle pour parler de la situation au Yémen, en Syrie, Libye, Irak, Afghanistan, etc., pays soumis aux frappes bienfaisantes des aviations occidentales et leurs sous-traitantes.
Jadis on parla du merdier indochinois pour l'armée française, du bourbier vietnamien pour l'armée américaine. C'était déjà inextricable et on sait comment cela s'est terminé. On pourrait aussi parler de guêpier. Usure des mots ou besoin de rallonger la sauce ? Les deux, mon général.

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Publié le 12 Mars 2016

le chant… du signe

Le Figaro du 10 mars a envoyé un singulier message à ses lecteurs, dans un papier sur la mort de George Martin, le producteur des Beatles. L'ultime album du groupe, avant sa séparation, Abbey Road, y est qualifié de "chant du signe".
Quel est donc ce signe chantant ? et comment le rédacteur se représente-t-il cette locution ? Il a dû l'entendre mais sans jamais la lire, et quand il s'est agi de l'écrire, voilà ce que cela a donné. Le signe a chassé le cygne. Il en va ainsi de moult expressions mal comprises : quand il faut les écrire, quels mots employer ? C'est ainsi que l'on a "le bas qui blesse", le "sein des seins" ou "attraper un rhum".
Ladite locution a ceci de particulièrement pernicieux que ses deux termes ont chacun un homophone, champ/chant et signe/cygne, ce qui donne quatre possibilités, et même plus, si l'on considère qu'il y a deux champ (quand on pose un objet "de champ"). Cela dit, personne n'a jamais entendu un cygne chanter.

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Rédigé par Kitano

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Publié le 10 Mars 2016

de l’usage de la philippique

On sait que Jack Lang, hiérarque du Parti socialiste, a qualifié la récente tribune de Martine Aubry contre la politique du gouvernement de "philippique". Ce mot signifie diatribe, vient des discours de Démosthène contre Philippe de Macédoine, fossoyeur de la démocratie athénienne, et n'a de sens péjoratif que pour la personne qui est visée. Dans ces conditions, on peut s'interroger sur son but : serait-ce un soutien honteux à ladite diatribe ?

Le 22 août 2011, nous consacrions déjà une note à ce mot et à... Lang : de philippique en sarkozyque.

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Rédigé par Kitano

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Publié le 18 Février 2016

 

Lisant les deux papiers politiques de la page huit du Monde daté 29 janvier, sur la gauche gouvernementale après le départ de Mme Taubira, nous nous sommes dit qu'en plus de ceux de la gauche, les jours du pronom "nous" étaient peut-être comptés, et avec lui la conjugaison qui s'y rapporte, celle de la première personne du pluriel.
Ces deux papiers contiennent beaucoup de citations orales de politiques, où il est facile de constater que le nous cède très souvent le pas au on :

"On est pragmatique. Le président de la République prend des orientations et le dispositif est ajusté en fonction."
"Si on veut rassembler notre camp, il faudra le faire à gauche."
"Comment on espère y arriver, avec un tel dispositif ?"
"Si ces gens là ne sont pas avec nous, on ne gagnera rien et eux non plus."
"Elle avait compris qu'on ne bougerait pas sur le fond."

Il y a plusieurs autres on, mais qui ne sont pas mis pour nous :

"Comment est-il possible d'être là quand une disposition à laquelle on s'oppose est introduite... ?"
"Ce rassemblement des Français ne passe pas nécessairement par les personnalités mais plutôt par les décisions politiques qu’on prend."
"réplique-t-on à l'Elysée, où on défend l'idée d'une séparation."

Bref, on est fréquent, et semble remplacer nous dans la plupart des cas de figure. Nous est-il en train de tomber en désuétude, entraînant dans sa chute les terminaisons de la première personne du pluriel ? Doit-on s'en inquiéter ou devons-nous nous en inquiéter ?

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Publié le 17 Février 2016

Décrypter, décryptage : depuis quelques années, la presse ne jure que par ces mots-là. Décryptage à tous les étages, en somme. Ce n'est pas seulement engouement pour un nouveau terme, comme il est fréquent dans les médias, mais plutôt le signe d'une tendance de fond.

La presse ne se fixant plus pour but d'informer ni d'analyser, ce que l'on attendrait normalement d'elle, mais de servir d'intercesseur entre un monde par définition indéchiffrable et les lecteurs (pardon, "l'audience"). Le monde étant incompréhensible au commun des mortels, il faut un professionnel pour le lire, en débrouiller les fils. Comme le curé le fut jadis, ou le chamane avant lui. Lecteur, n'aie pas la présomption de t'informer ni d'essayer de comprendre, tu n'es pas armé pour cela. Le décrypteur est là. Lui seul a les clés.


Evidemment, comme le prêche du curé, pour lequel il n'y a qu'une vérité, le décryptage sera univoque. Lecteur, ne cherche plus à comprendre, contente-toi de croire.

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Publié le 16 Février 2016

... nouvelle guerre picrocholine en perspective. Et pourtant, pas de quoi fouetter un chat. Le flexe disparaîtra des manuels scolaires seulement sur le o et le a (donc en sont exclus i, ou, eu, u) avec des tas d'exceptions pour les conjugaisons (nous pétâmes, qu'il pétât, par exemple).

 

On pourra donc écrire bientot ou dégat sans se faire taper sur les doigts. Les pervers pourront continuer à écrire bientôt ou dégât. Chacun fait ce qui lui plaît plait. Tout cela ne concerne que l'écrit puisque, chacun le sait, le flexe est muet.

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Publié le 28 Novembre 2015

AVEZ-VOUS écouté le Masque et la plume, émission de critique bien connue et assez sympathique, la plus ancienne des ondes, dimanche soir 22 novembre ? Elle s'est autocélébrée à l'occasion de son soixantième anniversaire, avec une nette tendance à l'autosatisfaction et aux phrases sucrées. Seul intérêt : nous avons pu y entendre des extraits datant des années 1960 et 1970.

Quel contraste avec la façon dont on cause maintenant dans cette émission : vocabulaire plus étendu, syntaxe plus recherchée et pas ces mots béquilles de l'expression orale désormais incontournables et surtout insupportables : "c'est vrai que", qui ouvre une proposition sur deux, ponctuée par des "voilà !" à n'en plus finir, avec son cortège interminable de "vrai" (c'est un vrai écrivain, un vrai problème, une vraie œuvre...), sans compter quelques débiles "au final".


Il faudrait étudier particulièrement l'expansion foudroyante de la préposition voilà, contraction de vois là. Alors qu'elle devrait annoncer quelque chose, là, on ne voit rien venir, seulement la boursouflure et la vacuité : elle permet juste de se passer d'un développement, voilà.

 

 

 

 

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Publié le 11 Décembre 2014

Saisi dans une rue parisienne, de la bouche d'un individu mâle de l'espèce humaine s'adressant à un autre individu mâle de la même espèce :

« La femelle de la chèvre, c'est quoi ? La brebis, non ? »

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Publié le 4 Décembre 2014

Mr., Mr ou M. ?

Le film biopic sur le peintre britannique Joseph Turner, qui va incessamment sortir sur les écrans, s'intitule Mr. Turner. Le point après le "r" ne manquera pas d'étonner, d'un point de vue typo. En effet, le point abréviatif, comme son nom le suggère, remplace les lettres manquantes d'un mot abrégé et termine cette ablation, lui met un point final. Exemple : monsieur donne en abréviation M., ce point venant donc pour onsieur. Par contre, si l'ablation laisse la dernière lettre, c'est elle qui conclut l'abréviation et non un point. Comme dans Mme, pour madame (avec de surcroît la mise en exposant).
En typo française, si l'on avait fait le choix de garder la dernière lettre à monsieur, cela aurait donné Mr ; on constate que la typo anglo-saxonne suit une autre ligne et met un point même quand l'abréviation reprend la dernière lettre du mot.
On lira donc ce titre Mister Turner et non Monsieur Turner, car abréviation ne signifie pas que l'on ne prononce pas les lettres qui ont subi l'ablation.

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Nous sommes un 2 décembre (il paraît qu'il y en a un par an) et nous ne pouvons pas ne pas rappeler cette note, intitulée "le coup du 2 décembre" (1851).

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Publié le 27 Novembre 2014

Publicité dans le métro, novembre 2014

... est la... Oui ? allô ? eh bien on attend la suite, peuple de la publicité,

encore un effort pour trouver dans la dive bouteille l'À de LÀ !

Profitons-en pour rappeler la distinction typographique
entre le Beaujolais = la région au nord de Lyon
et le beaujolais = la variété de vin rouge.

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