BALI 8 : le geek

Publié le 22 Août 2016

Aujourd’hui, il faut que je vous parle de celui que je vais élire personnalité de la plage de cette année.

Je le surnomme le geek. Il doit avoir une trentaine d’années, des lunettes, des cheveux courts, très courts qui’l a dû perdre lors de ses études informatiques. Je l’ai vite remarqué car il était avec une indonésienne. Non, pas uen belle, plutôt une fille de Java, quelconque mais avec cette particularité de ne jamais avoir le sourire.

Le sourire, lui, le geek, il l’avait. Un air plus heureux que moi, que toi. Surtout toi ! Il était là, vers le coucher du soleil avec sa copine, sans jamais trop se toucher sauf quand il le voulait. Et il voulait surtout faire des selfies qu’il posterait sur les réseaux sociaux. D’un côté, je ne sais qui pourrait les regarder car il n’a pas d’amis et même s’il en avait, ils penseraient que c’est un montage.

Ces plus belles vacances avec enfin une fille. J’en ai vu de ces couples mais j’ai aussi vu des couples qui durait avec enfants et même des couples mixtes où la femme était européenne. Pour une fois, il n’y avait pas tant de différence d’âge que cela, pas tant de différence de kilos. La différence qu’il y avait c’est qu’elle était là pour l’argent, pas pour le fun, pas avec cet air réjoui. Elle ne faisait même pas semblant. Je l’ai écrit et maintes fois posté sur ce blog, « y aura-t-il de la na neige à Noël ? ». Non, pas pour notre geek, mais cela il ne le sait pas encore. Lorsqu’il rentrera, il prendra la box pour appeler l’Indonésie gratuitement, il fera des Skype mais il n’y aura pas de réponse à ses appels et le pseudo de la fille sera toujours hors connexion, après qu’elle l’ait remplacé.

En voyant certains de ces couples, je ne peux m’empêcher de penser à Victor et à sa vie. Ses parents avaient le choix d’émigrer en Australie ou aux Etats-Unis ; ils ont choisi la première destination. Victor va rencontrer à l’âge de 40 ans une javanaise (je crois). Et à partir de là que du classique : mariage, deux enfants, maison en Australie et dans le village de sa femme. A 70 ans, il voyageait seul, sans montre, ni portable, ni carte bleue. Libre mais seul. Seul et malade la dernière fois que je l’ai vu, il avait un début de maladie de Parkinson. C’est aussi ce qui peut nous arriver en France (finir seul et avoir Parkinson). Mais, ce jour, l’air radieux du geek restera dans ma mémoire.

Il faut aussi vous dire qu’au Lusa, c’est l’inverse du restaurant japonais. Je m’explique. Au restaurant japonais, le serveur reste à côté de vous tant que vous n’avez pas commandé ; au Lusa, la serveuse vient vous voir même et surtout lorsque vous n’avez pas terminé pour enlever les assiettes et tasses vides. Elle ferait de mieux prendre la commande car le banana pancake a été oublié et est devenu un toast !

Dernier change, l’hôtel est maintenant payé. Derniers achats dont mon stock de sachets de boissons énergisantes avec du café de Bali sans oublier le thé que l’on nous sert. Il est vendu dans un emballage carton qui une fois ouvert a le format d’une feuille format A5. J’ai revu la patronne du salon de massage Anna. Toujours avec son air sympathique. Dans son salon, elle vend des produits dont le bénéfice reviendra à un village.

Aujourd’hui encore, l y a un fort courant, les drapeaux sont rouges. Sans Marcello, il n’y a pas de coup de sifflet ! Je remarque qu’il y a un nouveau sauveteur. En direct, nous allons assister à un sauvetage. Deux personnes de type du Moyen-Orient ont été emportées par le courant et se trouvent maintenant derrière les vagues. Les deux sauveteurs y vont : l’un prend le surf rescue (long et large surf) et l’autre prend la frite. Ils doivent avoir la condition pour aller mais aussi revenir. Trop souvent, ces personnes ne veulent pas entendre les conseils. Lorsque vous avez pied, et même s’il y a du courant, on peut revenir mais dès que l’on a plus le contact avec le sable, c’est-à-dire à quelques dizaines de centimètres près, c’est fini, on est pris dans le courant qui nous fait reculer ou alors pas assez avancé. J’ai souvent vécu ce genre de situation et cette année, je ne me sens pas de les affronter.

Juste avant le coucher du soleil, car maintenant, ils enlèvent et sifflent de plus en plus tôt, sans rien demander à personne, mon aîné part à la rencontre du lifeguard qui va enlever et ranger les fameux drapeaux rouges. Il se propose de l’aider à porter les drapeaux (d’une hauteur de deux mètres). On peut se demander qui aide qui.

C’est l’une des images qui restera gravée dans ma mémoire, plus que les couchers de soleil qui ne furent pas sensationnels du tout, pas mémorables et pour tout écrire vite oubliés … sauf bien entendu pour notre geek !

Rédigé par Kitano

Publié dans #Voyages

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