"Le monstre criminel type est le prédateur d'enfant" (fin)

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Les centres de rétention de sûreté prévus par le gouvernement créent un enfermement après la peine. Y a-t-il eu des précédents dans l'histoire ?

La loi du 27 mai 1885 prévoyait de lutter contre la récidive par l'internement perpétuel dans les colonies des multirécidivistes, avec l'espoir affiché d'une régénération par le travail. La récidive persista et l'opinion publique et la presse se retournèrent bientôt pour dénoncer la misère du sort des relégués.
Couverture de l'ouvrage de Marc Renneville, "Crime et folie. Deux siècles d'enquêtes médicales et judiciaires" (Fayard). | D.R.
D.R.
Couverture de l'ouvrage de Marc Renneville, "Crime et folie.
Deux siècles d'enquêtes médicales et judiciaires" (Fayard).

Le projet de centres de rétention après la peine s'inscrit dans la lignée des mesures de sûreté prônées par le mouvement de la défense sociale, né à la fin du XIXe siècle. Il s'agit de juger l'individu autant que l'infraction pour adopter une sanction au regard de sa "dangerosité", sa propension à récidiver.
Cette conception criminologique du traitement pénitentiaire tente d'articuler peine et soin. Tout le débat repose sur ce que l'on entend alors par "peine" ou "soin" et les risques de dérives inhérents à une sanction de durée indéterminée. Cette philosophie pénale s'est imposée dans les sociétés occidentales, avec une ampleur variable selon les traditions judiciaires.
La France a longtemps résisté à cette inflexion. L'histoire de ce mouvement est complexe, ses évaluations contrastées. Les politiques bâties sur l'injonction de résultats se sont jusqu'ici heurtées au fait que beaucoup de questions criminologiques restent de nos jours sans réponse. Le risque le plus saillant serait de faire accroire qu'il existe une solution miracle à ces questions difficiles, et souvent douloureuses.

Propos recueillis par Alain Salles
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