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LASTDAYS

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20 ans déjà ! Bali, Jérôme Garcin, Cinéma et séries d'antan


Films Octobre 2005

Publié par Kitano sur 19 Octobre 2005, 23:00pm

Catégories : #Films


Pas de rires et encore moins de sourires avec le film des frères Dardenne qui ont reçu leur deuxième Palme d’or à Cannes (la première, c’était pour ROSETTA en en 1999) remise par le Président du jury Emir Kusturica (lui-même double palmé : PAPA EST EN VOYAGE D’AFFAIRES 1985 et UNDERGROUND 1993). Pas de concession, pas de musique (idem pour le film d’HANEKE), on sent la caméra vive, vivante dans cet environnement morne et ce couple qui va s’enfoncer inexorablement par les agissements de ce jeune père (il a 22 ans) qui ne va pas hésiter à vendre son bébé comme s’il revendait le matériel qu’il vole pour subsister. La mère de 18 ans ne s’en remettra pas.

 Dressant un portrait plus d’un père immature, d’une personne en manque d’affection, de repères sociaux que d’un voyou, le titre du film est pour le personnage de Bruno ; interprété avec brio par Jérémie Renier, mais aussi Déborah François qui donne au début de l’histoire de la joie à ce couple. L’avenir fera vite disparaître cela. Facilité de vie (« je ne veux pas travailler pour 1000 euros par mois » dira Bruno), le couple vit pourtant au jour le jour, ne sachant parfois presque ne pas où dormir. Cette inconséquence de l’avenir rime avec inconsistance des responsabilités chez le père. On perçoit que tout peut basculer dans le sordide, le pire.

 Mais les frères Dardenne laissent à ce personnage une conscience sinon une rédemption. La scène finale est déchirante de vérité mais pas d’échec avec l'image de la jeune mère relèvant d’une humanité qui dépasse son statut. Proche de la misère mais pas misérabiliste, dans une ambiance étouffante, le malaise s’empare de nous mais si un rien suffit pour sombrer, rien n’est définitivement écrit pour le futur.
L’ENFANT reste un film salutaire et prenant.

 

Nous voici donc replonger douze ans plus tôt dans cette animation de marionnettes (stop motion :image par image)dans laquelle reste à l’esprit le visuel de L’ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK et sa bande originale - du toujours complice Danny ELFMAN.
Poursuivant sa thématique (un être sortant de son « univers » sème le désordre dans un monde bien ordonnée) et son thème du gothique, ces NOCES FUNÈBRES font ressortir une tristesse et une poésie : tristesse des jeunes personnages (Victor, Victoria, Emily) et poésie de l’innocence.

 Un futur marié un peu gauche, redonne vie par hasard à une morte et se voit marier avec elle la veille de son mariage ! Tout semble aller au plus mal dans cette histoire mais tout finira bien.  On reconnaît la touche de Tim Burton dans ces décors de la forêt, l’ambiance du pub de l’au-delà, l’humour autant visuel que parlé. Les clins d’œil sont parsemés dans le film : le valet rappelle le pingouin sentant ses invités vendeurs de poissons, l’image finale et l’envolée de chauves-souris, la danse des squelettes hommage à JASON ET LES ARGONAUTES, l’avancée des morts vers le Lord ne peut que faire penser à ROMERO et que dire de la scène du balcon emprunt à un certain William. J’arrête ici et je ne compterais pas les similitudes qui pourrait rappeler L’ETRANGE NOEL ; notamment cette sublime scène qu’était la complainte de Jack, transposé ici à la mariée morte.

 Il ne faudrait pourtant pas croire que le film n’a pas d’âme et n’est qu’une compilation de clichés burtoniens, c’est une avancée dans un monde toujours aussi rêvé et émouvant comme peut l’être l’adolescence. Comme dans CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE et enclenchée avec BIG FISH (film mésestimé et pas assez reconnu comme pierre angulaire et réussite de la carrière burtonienne), l’émotion reste en nous.  Tim BURTON avec LES NOCES FUNEBRES prouve qu’il est autant amuseur que poète.

 

 Changement de décor avec ce film d’horreur. Au départ une descente (on aurait pu traduire le titre du film !) d'un groupe de filles spéléologues qui va mal se terminer et jouer avec nos nerfs avec quelques effets chocs et des images rappelant que le réalisateur a vu APOCALYPSE NOW, CARRIE, DELIVRANCE et LA NUIT DES MORTS-VIVANTS.
THE DESCENT est une série B efficace mais classique.

 

 Bonheur ou plaisir, c'est ce que l'on ressent au choix, devant le retour des connaissances que sont WALLACE (célibataire, inventeur, amateur de fromages) et son fidèle chien GROMIT, qui le sort souvent de situations périlleuses. Une dizaine d'années après leurs premières courtes aventures, c'est à un film d'animation (pâte à modeler) pour les petits mais surtout pour les grands qui met en scène cette fois (à la place des moutons) des lapins et plus précisément un lapin garou. Alors que certains films de synthèse utilisent la parodie comme unique ressort comique (SCHREK 2), le scénario nous conte une histoire aussi minutieuse que le modelage laisse apparaître le mouvement.

Véritable hommage aux films de la HAMMER (studio anglais des années 50 spécialisée dans l'horreur : ambiance du début dans un village anglais comme le Londres embuée), aux figures de l'épouvante (le loup garou, Dracula, Frankenstein) et à des "monstres" tel KING KONG dans la grande scène finale.
Humour typiquement anglais, on peut pointer des clins d'oeil au MUPPET'S SHOW,  surtout à Benny Hill (façon dont WALLACE tapote la tête de son chien mais surtout allusion visuelle sexuelle), il ne faut pas s'attendre à éclater de rire mais plutôt à savourer une histoire avec des personnages vrais d'où ressort un aspect écologiste (par la Lady, encore un personnage classique) et où l'on peut délicieusement suivre ces gentils lapins auxquels aucun mal n'a été fait durant le tournage nous assure-t-on, enfin presque, car si vous restez jusqu'à la dernière seconde, vous verrez l'ultime gag.
WALLACE ET GROMIT LE MYSTERE DU LAPIN GAROU de Nick Park (créateur des personnages et fondateur des studios AARDAM) et Steve Box est un film qui donne plaisir et  bonheur.
 
 
Mickael HANEKE est revenu du dernier festival de Cannes avec 3 prix (dont un pour la mise en scène – mérité) pour cette histoire où un couple (dans les médias)  voit par cassette vidéo interposé, le rappel d’une histoire ancienne de l’un d’eux, qui va semer plus que le trouble. Et trouble, il y a avec ce film qui laisse monter la découverte d’un secret enfoui. Le scénario n’arrive pas aux deux tiers du film à tenir ce qu’il avance. On voit bien (et on l’entend aussi), le parallèle entre l’histoire individuelle et l’Histoire qui se déroule par écran interposé, image de la violence du monde, de l’humanité. Entre la rébellion de l’adolescent, les doutes de la femme, la bienveillance des amis, le mystère du silence du mari, tout concours à la visible architecture du scénario, manipulateur, limite LARS VON TRIER.
CACHÉ reste un exercice de style  intellectualisé mais vain.

 

COLLISION est une traduction adéquate du titre original CRASH qui rappelle le très perturbant film de david CRONENBERG . Une mécanique huilée croise différents personnes par le destin, prenant l'idée du superbe film de Robert Altman SHORT CUTS. Paul HAGGIS - qui fut le scénariste du réussi et lacrymale MILLION DOLLAR BABY - amène ses personnages dans des situations à l'opposé de ce qu'ils sont ou ce qu'ils croient être comme le fait remarquer Matt Dillon (toujours parfait) à son équipier.

Sans âme (les relations de couple) et quelquefois à la limite du ridicule (la scène finale de sandra Bullock), on perçoit l'attitude pour amener les scènes fortes (la petite fille, l'accident, le frère ...) l'ensemble baignant dans un racisme ordinaires inter-communautaires avec des caractères proches de la dépression tellement ils sont à cran (Sandra Bullock). On n'évite donc pas la rédemption du côté de celui dont on ne pensait vraiment pas et inversement. Le côté social est évacué, on est proche de milieu aisé mais pour contre-balancer - comme le caractère de chaque personnage - on trouve un contre-point. L'intimité de chacun qui ne peut se fondre sans concession dans le groupe,  avec la famille en filigrane derrière.

Personne n'est totalement bon ou mauvais, certes.
Il faudra un deuxième film qui puisse montrer que le talent scénaristique ne se dilue pas dans la technique et qu'il a besoin de moins d'effets.

Intimité (titre de son avant-dernier film), tel pourrait être le sous-titre du film de Patrice CHEREAU qui livre dans son dernier film la décomposition de l'illusion d'amour d'un couple après 10 ans de vie commune. Décors proustiens, époque du début de siècle passée, classe bourgeoise : cet environnement sert à une mise scène cinématographique pour le contrepoint d'un dialogue théâtral d'une ambiance fièvreuse glaciace. Chereau, joue avec les corps et les sentiments - qui n'existent plus - le corps est un objet de propriété, d'une habitude prise dans une routine ou peu savent s'épanouir.

Chaque personnage est dans sa tour, son isolement, son illusion et son manque de recéptivité engoncé dans sa structure sociale ; comme le montre les rapports avec un personnel inféodé. Les deux comédiens sont dans une retenue et une exhulatation - Isabelle Huppert a obtenu le Lion d'or à Venise pour son interprétation - selon les moments.

Filmé en noir et blanc avec des passages à la couleur (différenciation temporelle puis confusion, comme celle des personnages), des phrases qui s'inscrustent (comme les cartons dans le cinéma muet) remplaçant alors le son, rarement un travail sur la technique est présente dans le cinéma français (voire IRREVERSIBLE et surtout SOMBRE).

GABRIELLE restera comme une avancée dans la filmographie de Patrice Chereau et un exercice réussie sur un sujet indémodable.

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G
bien la critique sur Collision...mais au bout du compte t'as aimé ou pas???<br /> <br /> :)
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