L'ENFANT
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Pas de rires et encore moins de sourires avec le film des frères Dardenne qui ont reçu leur deuxième Palme d’or à Cannes (la première, c’était pour ROSETTA en 1999) remise par le Président du jury Emir Kusturica (lui-même double palmé : PAPA EST EN VOYAGE D’AFFAIRES 1985 et UNDERGROUND 1993). Pas de concession, pas de musique, on sent la caméra vive, vivante dans cet environnement morne du couple qui va s’enfoncer inexorablement par les agissements du jeune père (22 ans) qui ne va pas hésiter à vendre son bébé comme s’il revendait le matériel qu’il vole pour subsister. La mère de 18 ans ne s’en remettra pas.
Dressant un portrait d’un père immature, d’une personne en manque d’affection, de repères sociaux que d’un voyou, le titre du film est pour le personnage de Bruno interprété avec brio par Jérémie Renier sans oublier Déborah François donnant au début de l’histoire de la joie à cette relation. La suite fera disparaître cela. Facilité de vie (« je ne veux pas travailler pour 1000 euros par mois » dira Bruno), le couple vit au jour le jour, ne sachant parfois presque ne pas où dormir. Cette inconséquence de l’avenir rime avec inconsistance des responsabilités chez le père. On perçoit que tout peut basculer dans le sordide, le pire.
Les frères Dardenne laissent à ce personnage une conscience sinon une rédemption.La scène finale est déchirante de vérité mais pas d’échec avec l'image de la jeune mère relèvant d’une humanité qui dépasse son statut. Proche de la misère mais pas du misérabilisme, dans une ambiance étouffante, le malaise s’empare de nous.
Mais si un rien suffit pour sombrer, rien n’est définitivement écrit pour le futur.
L’ENFANT reste un film salutaire et prenant.
