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LES TEMOINS

  • Kitano
  • PoP

Combat. Tel est le titre qu’aurait pu prendre le film d’André Techiné. Dans quelques années, lorsque l’on fera un point sur ce cinéaste, peut-être réévaluera-t-on son précédent film LES TEMPS QUI CHANGENT magnifique de romantisme avec le retour éblouissant de Gérard Depardieu. André Téchiné a ce talent de savoir mettre en valeur les acteurs, ce qu’il confirme une nouvelle fois avec LES TÉMOINS. Cette fois, ce n’est pas un gros costaud mais un petit chauve en la personne de Michel Blanc qui fait une composition inoubliable de retenue, d’émotion, de sensibilité.

La trame du film commence par une histoire d’adultère peu commune (le mari d’Emmanuel Béart sort avec le petit ami de son meilleur ami homosexuel), qui va être bouleversée par l’irruption du SIDA. En 3 chapitres situées dans les années 84 et 85, on est tout d'abord marqué par la forme avec un traitement de l’image, qui donne un couleur datée tout autant que chaude (surtout dans les scènes près de la mer), ensuite par les personnages tous psychologiquement chargés (Michel Blanc en docteur homosexuel mais chaste avec son jeune ami, le mari typé bisexuel, l’épouse fille de riches qui n’aime pas son enfant et qui perd l’inspiration pour son prochain livre, la violoniste dans sa bulle musicale à l’opposé de la vie dissolue de son frère, ….) et enfin par une consistance, un rapport physique entre les personnages (on n’hésite pas à se montrer nu(e)).

A ce stade, pour apprécier le film il faut donc surmonter la définition des personnages, dont le plus touchant reste celui de Michel Blanc, mais aussi pouvoir croire à l’interprétation d’Emmanuelle Béart qui depuis son opération des lèvres (Mission impossible, 1996) ne fait pas ‘vrai’ à mes yeux et gâche les scènes dans laquelle elle apparaît. Par contre, le naturel de Julie Depardieu, dans son monde de musique, renvoie à celui de son père dans LES TEMPS QUI CHANGENT et fait qu’elle gagne (c’était la première fois que je la voyais jouer) un prénom.

L’amour dans ce film est charnel, entouré de la mort mais avec la vie dans le personnage du jeune Manu qui la dévore tout en restant lucide. La direction d’acteurs, d’actrices est parfaite, les dialogues ciselés, les personnages souvent en marge mais à la recherche d’eux-mêmes si ce n’est d’un idéal. En cela, LES TÉMOINS poursuit un des thèmes du réalisateur.

 

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