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REQUIEM

  • Kitano
  • Films

L’année commence sous des auspices allemands. Depuis bien longtemps, ce pays n’avait été à l’honneur ; même si Grizzly Man de production américaine l’an dernier était réalisé par Werner Herzog.

La référence est pourtant à chercher dans le cinéma danois, période pré-dogme de Lars von Trier, pour s’en échapper et trouver une émotion due, en grande partie par sa jeune actrice Sandra Hüller tantôt pleine de vie mais de tourments.

Michaela, 21 ans peut enfin aller en faculté après une année à lutter contre des crises d’épilepsie traitée avec des cachets qui depuis 6 mois lui laisse la possibilité d’un répit. Dans ce nouvel environnement, elle va découvrir une nouvelle vie, notamment amoureuse. D’amour, elle en a de son père bienveillant mais aucunement de sa mère. Et puis, imperceptiblement, le drame va arriver. Les crises reviennent, elle entend des voix, semble se couper du monde, ne peut plus prier, elle qui était une fervente catholique.
 

L’histoire me fait penser à l’image d’un avion en vrille qui va s’écraser irrémédiablement. On va passer de BREAKING THE WAVES à L’EXORCISTE. On ne verra, ni n’entendra jamais les visions et encore moins les voix qui perturbent et amène cette jeune femme vers la folie. On peut faire référence à Job, que le diable essaya de tenter mais contrairement à la Bible , la possession sera doublée mais dans le mauvais sens. On perçoit que l’entêtement de Michaela à ne pas aller voir le psychiatre est une cause d’un internement qu’elle va éviter pour mieux tomber encore. 

Le film nous apprend au début que cette histoire est inspirée de faits réels, la fin nous apprendra le dénouement. Mais bien plus que cela, le manque d’amour maternel aura fait des dégâts. 

L’esthétique rend bien le côté daté début des années 70, forcément triste. Le grain à l’écran est du type caméra DV filmé en 16/9e. Au fur et à mesure de l’histoire, on sera ballotté entre des explications rationnelles et celles de la possession face à des personnages tous dépassés (sauf le père dans une certaine mesure) par ce qui arrive.
 

L’interprétation de Sandra Müller est touchante, plus que troublante lorsqu’elle danse et que son copain y voit une personne différente. Personne douée pour les études, pour le travail, on se dit – mais le doute reste présent – trente ans après, on aurait pu lui réserver un traitement plus adapté.
 

Hans-Christian Schmid livre un film aux soubassements psychologiques plus que paranormaux. L’année cinématographique 2007 ne sera peut-être pas joyeuse, tant mieux si c’est à ce niveau de qualité.

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