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Environnement, état de la France

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Publié mardi 17 octobre, le rapport sur l'état de l'environnement en France est destiné à toucher un large public. L'objectif de l'Institut français de l'environnement (IFEN), qui publie cet état des lieux tous les quatre ans, est d'analyser les évolutions les plus significatives affectant le milieu naturel en France. Sa lecture permet de prendre la mesure de phénomènes sous-jacents, moins choquants au premier abord qu'une marée noire, moins débattus que l'introduction de l'ours dans les Pyrénées, mais qui sont des moteurs puissants de la dégradation de l'environnement.

 

Vieillissement de la population, recomposition familiale, augmentation de la surface des logements, multiplication des déplacements, accroissement du temps consacré aux loisirs, attraction des régions littorales : tous ces changements affectent l'environnement. Par exemple, le volume des déchets produits par an et par habitant, qui atteint aujourd'hui 360 kg, croît, entre autres, en raison de l'augmentation de la consommation de produits préparés et emballés en petites quantités.

Autre évolution significative : pour loger 1 000 personnes, il fallait 323 logements en 1968, 385 logements en 1990, 417 en 1999. A cela s'ajoute une prédilection pour les maisons individuelles "dictée par des prix immobiliers moins élevés en périphérie qu'en centre-ville mais aussi par l'attrait de la campagne". Résultat, la ville s'étale et la dépendance à l'automobile augmente. On aboutit à "une ville diffuse, où l'habitat et les axes de communication sont particulièrement consommateurs d'espace et où il est difficile de développer des transports collectifs efficaces".

Pour ses déplacements, un périurbain émet quotidiennement deux à trois fois plus de CO2 qu'un habitant du centre-ville. La mobilité, qui ne cesse d'augmenter, exerce "de fortes pressions sur l'environnement : pollutions atmosphériques, gaz à effet de serre, nuisances sonores, sans oublier les pollutions liées à la construction des véhicules et des infrastructures de transport, et la fragmentation des espaces naturels". En 2002, 84 % des déplacements étaient effectués en voitures particulières, contre 81 % en 1980. La part des autobus (7 %) et des autocars (5 %) est "en baisse constante". En revanche, celle du transport ferroviaire, au plus bas en 1995, augmente pour approcher les 10 % en 2002. Il faut rappeler toutefois que ce taux était de 11 % en 1980. Même les vacances ne sont pas neutres : elles engendrent par exemple une production de déchets disproportionnée dans des zones fragiles comme la montagne ou le littoral...

L'exemple de la voiture montre bien, selon l'IFEN, que le changement des comportements en matière d'environnement "ne peut se résumer à la sensibilisation de la population". Car le choix des consommateurs est contraint, par exemple par les prix, l'offre de transports en commun, etc. L'enjeu pour les pouvoirs publics est donc, concluent les experts, de créer les conditions de la transformation des pratiques.

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