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Entre le ministre de l'éducation et les enseignants, la guerre des chiffres fait rage

  • Kitano

C'est l'antienne de Xavier Darcos pour justifier la suppression des postes d'enseignants : l'éducation peut faire aussi bien avec moins de moyens. Enseignants et lycéens s'inscrivent en faux contre ce pronostic, dénonçant des classes surchargées de plus de 30 élèves. Décryptage de cette guerre des chiffres

La démographie. Le ministre de l'éducation nationale fait valoir que 11 200 suppressions de postes dont 8 800 dans le secondaire ne font que suivre l'évolution démographique (40 000 élèves de moins en 2008-2009) et ne modifient pas "le taux d'encadrement". Les syndicats dénoncent, eux, une "saignée" continue depuis 2003 et craignent que la politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux entraîne d'ici à 2012 , 85 000 postes d'enseignants en moins.

Taux d'encadrement des élèves. "Avec un professeur pour onze élèves, il nous faut repenser l'organisation de nos services", explique M. Darcos. A la rentrée 2007, les collèges et lycées (public et privé) comptaient 5 371 368 élèves. Sur un effectif de 1 065 327 agents (France et DOM) rémunérés par le ministère de l'éducation nationale, 511 485 professeurs exerçaient dans le second degré (collèges et lycées).

En divisant le nombre d'enseignants par le nombre d'élèves, on arrive à un ratio de 10,5, donc très proche des onze élèves par enseignant évoqué par le ministre. La réalité est plus complexe. Sur ses 511 485 professeurs, un certain nombre n'exercent pas en permanence devant une classe pour des raisons diverses, remplacements, maladie, détachement…

Ce phénomène fait augmenter mécaniquement le ratio élèves/professeurs. Mais, surtout, l'écart entre les chiffres du ministère et ceux des syndicats enseignants s'explique par le fait qu'à la différence de l'école, il y a plusieurs professeurs par classe dans les collèges et lycées. L'existence de classes dédoublées, d'options comme les langues anciennes qui "utilisent" des enseignants pour un nombre d'élèves réduits, amplifie encore cette tendance.

La taille des classes. Avec 27,8 élèves, la taille des classes dans le second cycle est la plus élevée des trois cycles d'enseignement. La seconde reste la classe la plus chargée avec 31 élèves. Selon les chiffres du ministère, près d'une division sur cinq scolarise plus de 34 élèves.
"Supposons que dans les classes de 35 élèves, on soit partout 30 à la rentrée prochaine, vous pensez que tout sera réglé ? Que le lycée sera sauvé ?"
A plusieurs reprises, Xavier Darcos a affirmé que la clé de la réussite n'était pas dans la taille des classes. Le sujet est discuté.

Sur le primaire, l'économiste Thomas Piketty montrait, dans une étude récente, l'impact positif de la diminution des effectifs sur les résultats scolaires en CE1.

Mais d'autres travaux sont moins catégoriques. Sur le secondaire, les recherches font défaut.

Catherine Rollot
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/11/entre-xavier-darcos-et-les-enseignants-la-guerre-des-chiffres-fait-rage_1033366_3224.html
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