I'M NOT THERE
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Après le sublime mélo LOIN DU PARADIS qui fut pour moi le film de l’année 2003, ce fut avec envie que j’allais voir le nouveau film de Todd Hayes, avec son sujet et son traitement qui en font un film branché, que devrait apprécier le style «’Inrocks’.
Si l’ambiance était étouffante dans le film LAST DAYS au sujet du chanteur Kurt Cobain, si les larmes venaient dans CONTROL sur la vie de Ian Curtis, il en sera différemment sur Bob Dylan. Tout d’abord parce qu’il est encore vivant mais surtout que pour ma génération, ce chanteur est seulement présent par ces compilations car ces productions des vingt dernières années ne me touchent pas et ont une qualité qui ne permettent pas que je puisse me rappeler d’un seul de ses titres.
Autre obstacle, celui de la connaissance de la vie du chanteur : le film fait référence à des faits, des événements qui me sont inconnus. Que par exemple, Dylan se soit fait siffler lors d’un festival (1965) où il se mit à électrifier sa musique me paraît sans intérêt en tant que tel, je me souviens qu’il avait participé à un film (Pat Garret et Billy le kid - 1973), de nombreuses de ses chansons mais pour percer le sens de ces textes, il faut maîtriser plus qu’un anglais moyen. Depuis des années, Bob Dylan est sur la liste pour le prix nobel de littérature.
Ce film me fait penser à FORREST GUMP qui passait en revue l’histoire américaine de la seconde partie du XXe siècle, mais avec une mise en scène inventive qui est tout l’intérêt du film avec le second rôle de Charlotte Gainsbourg, irradiante de beauté, de douceur et de crise du couple. Le principe est simple : différents personnages dans différentes époques interprétant différents moments de la vie de Bob Dylan dans une mise en scène particulière dans chaque cas (noir et blanc, style documentaire, road movie, passage onirique). Le film se montre sans complaisance, il a d’ailleurs comme point de départ la mort du poète, son caractère introspectif s’exprimant mieux par les mots et la musique que par l’étiquette qu’on a bien voulu lui imposer. A ce sujet le titre du film issu d’une de ses chansons est révélateur de l’idée de départ.
Ce kaléidoscope de mise en scène et d’enchaînement est un plaisir qui fait à lui seul l’intérêt mais il atteint une limite inhérente à la tentative de description ou d’ébauche de son personnage principal.
