Radio France réclame sa pub
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La promo d’enfer sur la dinde et ses marrons, la bûche glacée super discount et les sapins, deux pour le prix d’un. Forcément, ça ferait désordre sur les ondes vierges de publicité commerciale de Radio France. Pourtant, c’est à ce tabou que son président, Jean-Paul Cluzel, est en train de s’attaquer, ainsi que l’annonçait vendredi le Figaro : de la réclame commerciale sur la radio publique.
Aujourd’hui, seule est autorisée sur Radio France la «publicité collective et d’intérêt général», telle que définie dans un décret de 1987. C’est-à-dire des campagnes
sanitaires, style lutte contre le tabac, ou d’information émanant d’administrations ou encore des pubs pour des «organismes publics ou parapublics». Et c’est précisément là que, selon
Jean-Paul Cluzel, le bât blesse : «Chaque privatisation nous fait perdre de la pub»,Libération. Car une entreprise publique peut faire sa réclame sur Radio France ; sitôt
qu’elle est privatisée, c’est ceinture. Ainsi, indique Cluzel, «la privatisation de France Télécom nous a privés de trois millions d’euros de recettes». En 2008, c’est au tour de
GDF, pour cause de fusion avec Suez, d’abandonner la pub sur Radio France : «Je vais perdre deux millions d’euros, c’est 5 % de notre chiffre d’affaires publicitaire», soupire
Cluzel.
Conscient du caractère polémique de sa proposition, Cluzel tente de montrer patte blanche : «Je suis prêt à réduire d’un tiers la durée légale de la pub pour qu’on passe de trente minutes par
jour à vingt minutes.» Il compte sur l’arrivée de nouveaux annonceurs pour que les tarifs pub de Radio France augmentent et retrouver ainsi ses petits. Moins de pub, mais de la pub plus
juteuse : ce qui est rare est cher. Radio France proposerait ainsi vingt minutes de réclame par jour : c’est ce à quoi ont droit en une heure les radios privées. Autre suggestion : mettre moins
de pub aux moments de forte écoute, par exemple le matin.
