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4 Janvier 2010
Mon travail m'amène à dormir régulièrement à l'hôtel. Et ce que j'ai vite remarqué, dans les hôtels, c'est une petite astuce sympa, type greenwashing efficace :
« Si vous voulez participer à la sauvegarde de notre planète, et pour éviter d'utiliser de l'eau et de l'énergie inutilement, pensez à laisser vos serviettes sur leurs supports. Dans ce cas, nous ne les changeons pas. Si vous souhaitez néanmoins les changers, jetez-les au fond de la baignoire ou du bac de douche. »
Et puis on culpabilise, on se dit qu'on va faire comme à la maison, on garde ses serviettes pour le lendemain…
Sauf que… Il n'y a pas de robinet mélangeur dans les chambres d'hôtel. Ni dans les douches, ni dans les baignoires, ni sur les lavabos. Encore moins de thermostat (le comble du luxe).
Or, vous avez tous fait l'expérience de régler la température de l'eau. Un vrai défi.
Quand vous y arrivez, quand tout l'hôtel ne prend pas sa douche en même temps (la douche froide et le cri du douché qui va bien), alors on est content. On ne touche à rien. On laisse l'eau couler (de peur de dérégler la température). Et suivant les hôtels plus ou moins vétustes, plus ou moins modernes, au lieu d'utiliser une trentaine de litres dans le cas d'une douche équipée d'un thermostat, on en a consommé 50 litres au bas mots.
Et je ne parle même pas de ceux qui prennent un bain. Parce qu'avant d'avoir la bonne température on règle, on laisse couler et s'évacuer et quand c'est bon, on
ferme la bonde.
Parce qu'avec un thermostat de douche, moi, à chaque fois, chez moi, je ferme le robinet quand je me shampouine ou quand je me savonne. Et que quand je n'ai pas de thermostat, je laisse couler
l'eau. Et quand je laisse couler l'eau, la chaudière, elle, elle consomme de l'énergie.
Je ne parle que des hôtels. Environ 1 200 000 chambres d'hôtel en France. Taux d'occupation 80% à appliquer sur une année. 250 nuitées annuelles par chambre
occupée. Une douche et demi par jour (ou un bain et demi). 75 litres par toilette en moyenne. 30 litres si j'utilise un robinet thermostatique. 43 460 568 litres gaspillés par jour. En
lettres : quarante trois millions quatre cent soixante mille cinq cent soixante huit litres.
Soit 10 865 142 000 par an sur 250 nuitées. En lettres (Là, ça devient un peu chiant) : dix milliards huit cent soixante cinq millions cent quarante deux mille litres de perdus.
Si on veut se représenter un convoi de camions citerne de 30 000 litres chacun, qui
transporterait toute cette eau, en respectant un camion tous les 50 mètres, notre convoi mesurerait près de 20 000 (vingt mille) kilomètres, deux fois la distance entre Lisbonne au Portugal et
Vladivostok, en Russie sur la Mer du Japon. Ou plus simplement la moitié d'un tour du monde.
Et j'ai oublié les hôpitaux, les bâtiments publics, les usines et les villas de luxe, les ministères et les préfectures, les conseils généraux et régionaux, les écoles et universités, pensionnats en tous genres et colonies de vacances. Juste les hôtels.
Comment un pays comme la France, comment un ministère de l'Ecologie et de l'Environnement qui nous fait des Grenelle à toutes les sauces, comment, dans tous ces
gens intelligents et responsables, personne n'ait jamais fait ce simple calcul ?
Non, il n'y a pas de bouclier fiscal pour les robinets et pour l'eau.
Pourtant, à bien y réfléchir, une prime au robinet thermostatique (acheté et/ou posé) serait sûrement une excellente idée, non. Déjà que (je n'ai pas voulu
vous faire pleurer) seul 30% de l'eau traitée par les opérateurs arrive au robinet…
Je n'ai pas tenu compte dans mon calcul de cours préparatoire, du côut de l'énergie pour chauffer toute cette eau gaspillée.
J'imagine une déduction fiscale au robinet qu'on proposerait aux hôtels indépendants et aux chaînes hôtelières. J'imagine les emplois induits pour remplacer ces millions de robinets hôteliers. Et imaginons des usines en France qui fabriqueraient ces robinets thermostatiques, ça en ferait des emplois tout plein, non ?
Ah ! Je radote, bien sûr, encore et encore mais…
Bah ! Si vous cherchez un nom pour une loi sur les robinets, j'accepterai volontiers qu'on dise : « Déduction fiscale ou subvention au robinet selon la loi Gérard COVOS »,
génial éco-citoyen, grand-père depuis quelques jours et qui voudrait que sont petit-fils soit grand-père à son tour sur une chouette planète bleue pour longtemps, très longtemps.