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TAKESHIS'

  • Kitano
  • PoP

L’an dernier, mon long voyage en Asie m’a fait regretter 3 films : VOLVER, TAKESHIS’ et  MARIE ANTOINETTE. Pour le premier, le festival TELERAMA en février me permit de combler ce manque, pour le deuxième c’est ma venue à Paris et presque le hasard d’atterrir dans la seule salle de France, pour la seule séance de la semaine.  Dans les deux cas, mon intuition ne me trompait pas !

TAKESHIS’ est le film le plus intime de Takeshi Kitano sous des aspects délirants avec les tourments de l’artiste. D’emblée une correspondance avec le dernier film de David Lynch, couplée avec l’exposition ‘The air is on fire’ (toujours visible à la fondation Cartier jusqu’à fin mai) me vient à l’esprit : les deux réalisateurs ont leur monde, leur esthétique, leurs dessins, leur structure de scénario, certes déstructurée chez Lynch mais peu écrite chez Kitano. Tandis que l’américain tourne en rond, arrive aux limites de son procédé, le japonais étale ses affres dans la création, de sa vie dans un univers limite schizophrène et toujours désespéré.

Au début, Takeshi Kitano joue un acteur pour ensuite jouer son propre personnage qui va croiser un sosie (joué par Kitano) qui veut être acteur. Les deux vies vont s’emmêler sans trop se croiser, histoire de faire remonter à la surface le passé d’un Beat Takeshi, star de la télévision japonaise dans son rôle de clown. Car depuis le début, il y a dédoublement sinon de la personnalité du moins de nom chez Kitano : Beat Takeshi en tant qu’amuseur, Takeshi Kitano pour le réalisateur.

Tous ses thèmes vont être revus : les yakuzas (Aniki mon frère), le gun fight, la violence (violent cop), l’humour (l’été de kikujiro), la personne faible (caractère de Zatoichi), le comique à répétition, la volonté de devenir acteur (Kids return). Pourtant, deux nouveautés : le rôle d’une femme qui au début s’attaque à Kitano (pour une question de dettes) et ensuite de manière cruelle à Beat Takeshi ; ensuite, 4 scènes où l’on voit la poitrine d’une jeune femme (la copine du voisin qui nargue Beat Takeshi) avec pour la moitié d’entre elles, un parallèle avec les mouvements que faits le dj avec la platine et le disque. 

Au départ, on est étonné car on aurait pu s’attendre à d’autres virages, d’autres histoires. En filigrane apparaît une personne qui se cherche, recherche une identité, un rôle (Takeshi Kitano est acteur dans ses films mais aussi pour les autres) et aussi un sens dans la vie. Le côté esthétique apparaît dès la première scène (qui sera aussi la conclusion) dans cette reconstitution de film de guerre, dans ses bouquets de fleurs avec une chenille colorée, avec cette virée en taxi qui s’apparente à un rêve plus qu’à un cauchemar avec les personnages croisés dans d’autres scènes (les jumeaux et le bar à pâtes). Au moment où l’on pense que l’auteur souffre et que c’est la fin, nous voici reparti vers une mise en abîme avec de la musique techno, un côté nihiliste que montrera la dernière image rouge, rappelant en cela Hana-bi.

Espérons que ce film ait pu permettre à Takeshi Kitano d’exorciser ses démons de personnalité. Sur l’écran, c’est un plaisir pour le fan, pour celui qui suit cette filmographie toujours esthétique mais aussi moralisante. Derrière les coups de feu de l’acteur, la vie vide de Beat Takeshi vendeur dans une supérette espérant un rôle, se cache sûrement des douleurs, des envies. Aux dernières nouvelles, Takeshi Kitano aurait tourné un nouveau film et serait acteur chez Takashi Miike connu pour des scènes violentes dans ses films. 

TAKESHIS’ peut s’apparenter au FIRE WALK WITH ME de David Lynch, il s’adresse d’abord aux fans, mais contrairement à Lynch, le procédé ne se suffit pas à lui-même. Derrière le réalisateur qui m’a le plus marqué, se cache un homme qui doute, qui a des failles et qui s’interroge sur lui-même. Cela en fait une personnalité, encore plus grande et touchante, vers un point que l’on pouvait douter. Aller(z) voir un film de Takeshi Kitano est désormais une expérience émouvante.

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K
Je l'ai manqué à Paris : le filmne passe qu'une fois par semaine à une seule séance ! Et cela ne cadrait pas ....
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B
Et Marie-Antoinette alors ?
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A bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog