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NE TOUCHEZ PAS A LA HACHE

  • Kitano
  • PoP

Dans sa jeunesse de critique de cinéma, il y a très longtemps, Jacques Rivette avait une réputation de « censeur », une plume dure. Si on lui avait présenté son film à l’époque comment aurait-il réagi ? D’une manière lapidaire peut-être.

Car ce film ne parvient pas à insuffler la passion entre deux êtres qui vont se manquer par orgueil et par convenance, un général et une duchesse. La mise en scène ressemble à une pièce de théâtre aux lumières sombres, aux paroles qui se déversent en nous laissant froid, si ce n’est de marbre à ce jeu d’attente.

J’ai une théories de plus à exposer : il est des films de réalisateurs vieillissants (Rivette approche des 80 ans) qui donnent de la profondeur à leur œuvre et d’autres qui ennuie. NE TOUCHEZ PAS A LA HACHE est à classifier dans la dernière catégorie. C’est un film littéraire, trop littéraire dans lequel on sent – avec les panneaux insérés – le respect du texte de Balzac. L’histoire doit s’adapter au média, pas l’inverse.

Pour les courageux, le film dure – c’est une tendance lourde cette année – plus de 2 heures que l’on sent passer. Jeanne Balibar n’est pas convaincante avec ses robes qui ne la mettent pas en valeur, Guillaume Depardieu arrive dans quelques scènes à nous faire passer ce sentiment de passion et d’absence de renoncement. Le film évite le naufrage mais pas celui de l’ennui.

Le temps est loin où Rivette avec LE PONT DU NORD, arrivait – dans ma mémoire – à nous plonger dans un Paris, rempli de complots, de mystères. Le siècle a changé, il  semble que le réalisateur n’en ait pas pris conscience dans son cinéma.

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