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RETOUR A LA TERRE

  • Kitano
  • PoP

Un film arménien par an. L’éclectisme dans le ni-ni (ni français, ni américain). Après le catastrophique NORMA, opéra réalisé par un cinéaste arménien d’origine russe (qui d’ailleurs n’est pas sorti et ne sortira jamais sur écran), retour vers la terre d’Arménie avec ce qui ressemble à un documentaire sans en être un mais avec un dispositif radical, c’est-à-dire sans paroles mais avec bruitage et son.

Le film débute par des extraits de films amateurs de l’année 1988, histoire de voir l’Histoire et la date de 1915 (génocide arménien), pour se terminer par les images de l’après séisme du 7 décembre 1988 qui fit jusqu’à 100 000 morts et 150 000 blessés. Pour donner un ordre d’idée, de l’inadéquation des structures des maisons face à la catastrophe, seulement 90 personnes furent dégagées vivantes des décombres. C’est à partir de ces faits et du retour d’une famille dans leur maison que vont se dérouler les mois et les saisons. Remettre en ordre la maison, la machine, nourrir les animaux, cultiver dans un environnement de montagne froid, très froid : un jean glacé sera là pour nous le rappeler.

Ce film tourné en 1991, ressemble plus à du cadrage carte postale que d’un tableau. On perçoit en même temps que le retour à la terre, c’est  le retour à la vie et peu à peu on découvre le village et ses habitants en même temps que la famille s’agrandit tant humaine qu’animale. On sent ce qui a motivé le réalisateur, mais en même temps son procédé comporte des limites en ne pouvant faire preuve d’empathie face aux personnages. Car on sourit rarement dans cette vie.

Le film reste un témoignage qui avec l’absence de paroles deviendrait presque universel si ce que l’on nous montre n’en restait pas d’un classicisme qui élude tout problème.

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