ANGEL
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Du kitsch, du vrai, voilà ce que nous propose François OZON dans son dernier film à travers de cette jeune fille d’épicière, capricieuse, égoïste, qui va devenir écrivain à succès pour le grand public. De la gloire jusqu’à sa chute.
C’est avec ce prisme, cette vision qu’il faut apprécier le film. Sinon, le risque est de n’y voir qu’un film ampoulé aux effets faciles, aux décors d’un goût douteux et à l’histoire prévisible. Un film de gare pourrait-on mentionner ou d’avion même si la longue durée ne correspond pas (2h17).
Deux références - qui ne peuvent être innocentes - sautent à mes yeux : la scène ou Angel cite ses propres paroles en tant que spectatrice lors d’une de ses pièces de théâtre adaptée qui fait irrémédiablement pensé à ED WOOD de Tim Burton (une fin transcendée, imaginée mais tellement belle) ; l’autre à rechercher par filiation chez Pédro Almodovar. Dans
La durée a un défaut lors de la fin du film : trop appuyée, trop longue, trop mièvre. Une des remarques que l’on pourrait faire à Ozon, c’est que son personnage central ne vieillit pas, malgré la quarantaine qui le touche. Romala Garai joue Angel avec ce côté doux mais aussi diable, sans oublier la touche gothique, version d’Amélie Nothomb à la fin. Si l’on fait donc abstraction du parti pris de ce film anglais, tourné en anglais avec des acteurs anglais, on ne peut prendre qu’un plaisir de spectateur face à cet être dans son univers d’auteure, indifférente à la guerre, aux peines du monde, de ses proches et même d’elle-même lorsqu’elle tombe amoureuse.
Un exercice de style presque réussi dans lequel le réalisateur français semble se plaire (8 FEMMES l’était aussi) sans se complaire.
