TATOUFAUX
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De la naissance d’une idée reçue
Le contenu de cet article est
Idée partagée, idée reçue !
Pour tenter de répondre à la question du pourquoi, voyons ce qu’il en est du comment, même si les deux se rejoignent inéluctablement, en
reprenant ce que dit Schopenhauer de la naissance d’une idée reçue, d’une opinion :
"Il n’y a en effet aucune opinion, aussi absurde soit-elle, que les hommes n’aient pas rapidement adoptée dès qu’on a réussi à les persuader qu’elle était
généralement acceptée. L’exemple agit sur leur pensée comme sur leurs actes (...) Il est très étrange que l’universalité d’une opinion ait autant de poids. (...) Le caractère universel d’une
opinion n’est ni une preuve ni même un critère de probabilité de son exactitude. Ce que l’on appelle opinion commune est, à y bien regarder, l’opinion de deux ou trois personnes ; et nous
pourrions nous en convaincre si seulement nous observions comment naît une telle opinion. Nous verrions que ce sont d’abord deux ou trois personnes qui l’ont admise ou avancée et affirmée, et
qu’on a eu la bienveillance de croire qu’elles l’avaient examinée à fond, préjugeant de la compétence suffisante de celles-ci, quelques autres se sont mises également à adopter cette opinion, à
leur tour, un grand nombre de personnes se sont fiées à ces dernières, leur paresse les incitant à croire d’emblée les choses plutôt que de se donner le mal de les examiner.
Ainsi s’est accru de jour en jour le nombre de ces adeptes paresseux et crédules, car une fois que l’opinion eut pour elle un bon nombre de voix, les suivants ont
pensé qu’elle n’avait pu les obtenir que grâce à la justesse de ses fondements. Les autres furent alors contraints de reconnaître ce qui était communément admis pour ne pas être considérés
comme des esprits inquiets s’insurgeant contre des opinions universellement admises, et comme des impertinents se croyant plus malins que tout le monde.
Adhérer devint alors un devoir !
Puisqu’il en est ainsi, que vaut l’opinion de cent millions d’hommes ? Autant que, par exemple, un fait historique attesté par cent historiens quand on
prouve ensuite qu’ils ont tous copié les uns sur les autres et qu’il apparaît ainsi que tout repose sur les dires d’une seule personne."
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