Madame la Présidente
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Si une femme était élue à la présidence de la République, deviendrait-elle présidente ou président ?
Jusqu’à récemment, une “présidente” était l’épouse d’un président, et rien d’autre. André Fontaine, dans un article publié en novembre 2005, “Retour des reines ?”, rappelait opportunément que Christine de Suède s’était fait sacrer “roi”, parce qu’elle n’avait aucune envie d’être appelée “reine”, et qu’Irène de Byzance se fit proclamer “empereur”, et fut la seule femme empereur (et pas “impératrice”) qu’ait connue l’empire romain d’Orient (de 797 à 802, après avoir détrôné son fils).
Nous lisions le 20 décembre dans un papier du Monde sur Nyamko Sabuni intitulé “La plus suédoise de tous les Suédois” : “Cette ex-députée du Parti libéral est la première ministre noire de Suède.”
Imaginons la perplexité d’un historien vivant au quatrième millénaire et tombant sur cette phrase : N. Sabuni fut-elle la première femme noire à devenir ministre dans ce pays septentrional ou un premier ministre par ailleurs noir et femme ? La féminisation des noms de fonction n’est pas un simple problème orthographique, et l’on pourrait dire à ce propos, en paraphrasant un mot célèbre : ah ! quel malheur d’avoir un genre.
Jusqu’à récemment, une “présidente” était l’épouse d’un président, et rien d’autre. André Fontaine, dans un article publié en novembre 2005, “Retour des reines ?”, rappelait opportunément que Christine de Suède s’était fait sacrer “roi”, parce qu’elle n’avait aucune envie d’être appelée “reine”, et qu’Irène de Byzance se fit proclamer “empereur”, et fut la seule femme empereur (et pas “impératrice”) qu’ait connue l’empire romain d’Orient (de 797 à 802, après avoir détrôné son fils).
Nous lisions le 20 décembre dans un papier du Monde sur Nyamko Sabuni intitulé “La plus suédoise de tous les Suédois” : “Cette ex-députée du Parti libéral est la première ministre noire de Suède.”
Imaginons la perplexité d’un historien vivant au quatrième millénaire et tombant sur cette phrase : N. Sabuni fut-elle la première femme noire à devenir ministre dans ce pays septentrional ou un premier ministre par ailleurs noir et femme ? La féminisation des noms de fonction n’est pas un simple problème orthographique, et l’on pourrait dire à ce propos, en paraphrasant un mot célèbre : ah ! quel malheur d’avoir un genre.
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