Mineurs en prison (fin)
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La télévision remplit le temps. Le premier défi de la vie quotidienne, c'est la propreté. La prison est neuve, mais les rats viennent de faire leur apparition. Car, au pied du bâtiment des mineurs, le gazon est jonché de détritus. La matinée commence avec un seau et un balai. A 8 heures, les détenus doivent avoir nettoyé leur cellule. Tous les repas y sont servis. Les "verts" ont le droit de prendre leur déjeuner en commun, mais nul ne le demande jamais.
Les activités principales sont la promenade et l'école, dix heures par semaine. Deux demi-journées sont consacrées au sport. Plus ponctuelles, des activités thérapeutiques et des ateliers animés par des bénévoles jalonnent le reste du temps : atelier BD, écriture rap... Rien n'est imposé. "Si on oblige, on va au clash", disent les surveillants.
Dans sa mini-salle de classe à cinq places, Philippe Laheyne, l'instituteur, évoque sa fierté d'avoir réussi à faire venir les adolescents. Mais l'enseignant souligne un "paradoxe triste" : "J'en ai un qui revient pour la quatrième fois en prison. Vu son mode de vie, c'est le seul endroit qui lui permette d'avancer. La première fois, il était illettré. Maintenant, il peut écrire." Pour plusieurs de ces jeunes, "c'est un peu leur maison. Ils sont tellement livrés à eux-mêmes dehors qu'ils font, j'en suis sûr, ce qu'il faut pour revenir, même s'ils nous disent que la prison c'est de la merde."
