KAÏRO
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Alors que son nouveau film sorti il y a deux semaines est seulement visible sur 3 écrans, j’ai eu droit à une séance dans une salle vide pour ce film de Kiyoshi Kurosawa datant de 2001. Et pourtant, un remake est sorti en 2006 sous le titre de PULSE, sans succès il est vrai.
KAÏRO est un croisement de film d’horreur, d’anticipation psychologique et sociétale. Loin de la saga de RING (de Hideo Nakata), pas de suspens, de jeu avec nos nerfs ou de sang qui se glace dans cette histoire qui voit les personnes disparaître comme happées par le retour des disparus qui n’ont plus assez de place dans leur endroit et qui décident de revenir par le biais des ordinateurs.
Ce qui distingue le réalisateur, c’est le refus de la facilité, de tomber dans une histoire maintes fois contée de retour de morts-vivants ou de maladie contagieuse. Dans notre cas, nous sommes alors au croisement du film 28 JOURS et LA NUIT DES MORTS VIVANTS mais sans la violence et les effets sanguinolents. Tout au plus des disparitions, des cendres.
L’histoire se passe au Japon et les protagonistes sont dépeints dans une société où les contacts physiques ne sont pas la règle et sont encore moins dans les manières, la coutume. C’est plus cette solitude, cette ultramoderne solitude de geek, de personnes connectées par l’immatériel qui est la cause de la fin de ce pays, de cette civilisation et du monde selon le cinéaste. Pas de concession dans cette approche et pas d’espoir.
Pourtant le film au bout de presque 2 heures est devenu long, on comprend vite le message et certaines pistes avancées ne sont pas suivies, le film oscille entre les deux voies énoncées précédemment sans s’en satisfaire vraiment. La perception d’un auteur existentielle existe mais son thème, son traitement lui enlève tout espoir et tout empathie. C’était sûrement le but recherché, il est donc atteint. Peut-être pas pour le spectateur.
