En se réchauffant, l'océan devient moins nutritif (2006)
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Réchauffé, l'océan sera-t-il aussi productif qu'aujourd'hui ? A cette question inquiétante la mer nourrit en effet des centaines de millions d'hommes , une
équipe d'océanographes américains apporte un nouvel élément de réponse négatif. Publiée hier dans la revue Nature, l'étude de Michael Behrenfeld (de l'Université d'Oregon) et ses
collègues s'appuie sur l'observation satellitaire de la couleur des océans, témoin de l'intensité de la vie planctonique. Conclusion : dès que la température de surface des océans tropicaux et de
moyenne latitude s'élève, le phytoplancton formé de minuscules algues et premier élément de la chaîne alimentaire océanique décroît.
«Upwelling». Les océanographes ont utilisé l'énorme flux de données du satellite SeaWiFS de la Nasa qui enregistre en continu la couleur des océans depuis 1997. Une technique qui permet de remonter à la biomasse totale du phytoplancton et à la production chlorophyllienne. Cette dernière est d'abord déterminée par la lumière et la disponibilité des éléments nutritifs (azote, phosphate, fer) apportés par la proximité des terres ou des courants remontant du fond de l'océan (upwelling). L'évolution comparée des températures de surface et de la biomasse permise par SeaWiFS montre sans ambiguïté la relation entre les deux.
Alors que les premières années d'observation (1997-1998) sont marquées par une vigoureuse Niña vents et courants poussant l'eau de surface du Pacifique tropical vers l'Indonésie, ce qui accentue l' upwelling près des côtes andines , SeaWiFS observe une production de plancton supérieure à la moyenne. Puis, lorsque les conditions s'inversent, avec une couche de surface plus chaude et moins d' upwelling, la production diminue. Sur cette base, les océanographes craignent que les océans tropicaux et tempérés d'une Terre réchauffée, où la circulation profonde sera ralentie par une couche de surface plus chaude, soient moins productifs. Seuls les océans arctique et antarctique pourraient, à l'inverse, l'être davantage car la réduction du brassage des eaux aurait là un effet positif en concentrant plancton et sels nutritifs dans la zone éclairée.
Si l'incertitude reste grande sur les conséquences du changement climatique dans les océans, ce nouvel élément souligne l'importance des risques encourus par la chaîne alimentaire... et donc par les hommes qui dépendent de l'exploitation des ressources vivantes.
