PAPRIKA
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Le premier film que je vis de Satoshi Kon, grâce à des critiques élogieuses, date déjà de 1999 (son deuxième film en fait mais le premier n'est jamais sorti en France). Malheureusement, PERFECT BLUE ne m’apporta pas autant d’enthousiasme que ce que j’avais lu ; pour un film d’animation, certes plus adulte dans son thème mais tournant en rond dans son scénario. Il fallut son troisième film, vu presque par hasard (lors d’une journée consacrée à l’animation) pour y trouver toute la poésie, un côté social et un humour qui faisait de TOKYO GODFATHERS plus qu’une révélation, une confirmation au pays du soleil levant.
Le réalisateur prend le temps de construire une filmographie d'animation basée sur des thèmes adultes et pour cette fois, futuristes. On pense d’emblée à MATRIX avec ces DC mini qui peuvent lire les rêves mais aussi les trafiquer et en prendre possession par l’intermédiaire d’individus malveillants. La classique limite entre rêve et réalité, savoir où se situe les personnages va servir à des scènes de fêtes hautes en couleurs, prétexte à des délires. Autre référence, celle à LAST ACTION HERO, un film où le héros du film prend consistance dans la réalité. Ce n’est pas le cas à première vue, mais le lien se fait par cette référence au cinéma (le personnage du policier dit qu’il n’aime pas le cinéma !) et ce jeu des codes des divers genres de films.
Car si l’on peut se lasser de ces scènes oniriques, il n’en est pas de même avec cette réflexion qui débute et se poursuit sur le cinéma, sur ses personnages qui vont jusqu’à une introspection. Dans des cadrages réussis, des couleurs différentes selon les ambiances et un scénario qui déjoue une fin amoureuse attendue, sans oublier certains passages érotiques – marque du réalisateur – PAPRIKA passera l’épreuve des années pour ce réalisateur qui construit une filmographie des plus intéressantes.
