Partage et Piratage : peut-être le Peer
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La répression est toujours de mise pour faire changer ces habitudes maintenant installées et réduire l'activité d'échanges illégaux, avec force publicité autour des procès de "petits téléchargeurs anonymes".
En France, c'est à la suite de l'adoption de la loi Dadvsi que l'engouement pour les réseaux de partage est remonté. L'UPFI estimait, en septembre, que 98 % de la musique téléchargée était illégale : plutôt que de se passer de musiques ou films gratuits, les internautes se sont spécialisés, perfectionnés et se tournent maintenant vers des techniques et réseaux plus souterrains, plus furtifs. On assiste à la montée en puissance auprès du grand public de technologies et protocoles déjà anciens mais jusqu'alors plutôt réservés aux passionnés comme BitTorrent et Usenet, mais aussi de nouveaux venus comme Share qui bénéficie d'un protocole à la fois anonyme, sécurisé et crypté.
Ipoque, qui analyse le trafic des principaux fournisseurs d'accès en Allemagne, estime, dans une étude parue en octobre, que plus de la moitié du trafic en peer-to-peer se ferait au travers de BitTorrent (53 %), loin devant eDonkey (43 %). En tête des téléchargements, les vidéos, avec plus de 71 % des échanges totaux. Le trafic, bien qu'impossible à mesurer précisément, donne une idée de cette activité souterraine, qui, de communautaire s'est peu à peu généralisée au grand public.
On assiste donc, côté développeurs de systèmes de partage, à une surenchère sécuritaire. La dernière version d'Emule, le plus utilisé des logiciels de peer-to-peer, intègre maintenant un système de brouillage, qui empêche la détection de trafic peer-to-peer dans les routeurs de nos fournisseurs d'accès. Venu du Japon, le logiciel Share est, quant à lui, un bon compromis entre facilité d'utilisation et anonymat. Simple et rapide, il masque l'adresse IP et les données transférées. Mais l'initiative la plus étonnante vient de Suède ou la société Relakks s'est spécialisée dans le masquage d'adresses IP, permettant de surfer caché contre 5 euros par mois, à l'image des réseaux anonymes cryptés comme Freenet , Gnunet ou I2P, encore confidentiels, mais gratuits et en plein devenir.
Les industries du disque et du cinéma, après plusieurs campagnes de sensibilisation mettant notamment en scène des artistes connus, continuent donc les pressions pour plus de répression. L'internaute lui, s'adapte et transforme de plus en plus rapidement ses habitudes pour continuer à bénéficier de ces contenus, faisant fi des éventuelles sanctions pénales qu'il encourt. De plus en plus d'échanges se font également "au grand jour", sur des sites de partage de vidéos et de musique : les plus connus sont pour la vidéo YouTube ou Dailymotion et pour la musique Pandora ou Last.fm. On assiste donc à une mutualisation légale et à grande échelle des contenus, à l'image d'un Radio.Blog.Club ou The Hype Machine, qui rendent disponibles les centaines de milliers de morceaux mp3 proposés en écoute sur les blogs. La solution pour les majors serait donc peut-être dans ce contrôle de la diffusion via des réseaux "autorisés".
