Best of Billet 2006 : Les marmottes de l'enfance
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Isabelle est une personne que je croise à peine sur les doigts d'une seule main en une année, mais c'est toujours un plaisir.On s'étaient
rencontré lors d'un 31 décembre, l'année du tsunami. Elle aurait aimé prendre un instant pour penser à tous ces gens sans toit, sans rien et pour certains sans vie, mais nous n'étions que deux
face à la débauche habituelle de lieux communs qui n'avaient pour égal que le vide des personnes attablées.
Je sais qu'habituellement, elle se réunit avec un groupe pour avoir des pensées positives sur ceux qui souffrent d'une maladie, d'un emprisonnement fut-il physique ou psychique.
Un jour du mois de juin, alors que je ne m'y attendais pas, elle vint avec un sac dans lequel je trouvais 3 marmottes. Bien sûr, j'étais
content.
Parce qu'avoir des marmottes, on peut en avoir dans un magasin, mais des marmottes de l'enfance, c'est presque impossible. A moins de surveiller un enfant qui en a une et de lui la voler !
Dans mon enfance, c'est des ours que j'avais (et que j'ai toujours), pas des marmottes.
Je ne fus pas au bout de mes surprises, car il y avait en fait, une 4e marmotte - la plus petite - au fond du sac. Et là, ce fut un coup de
coeur.
Je sais sur la photo, cela donne l'impression d'une 'pauv ' marmotte mais c'est plus que cela. J'ai tout de suite ressenti le vécu de ses heures où elle a dû rassurer et consoler
des larmes de faits aujourd'hui ressenti sans importance mais si terrible pour un enfant.
J'ai voulu l'emmener en voyage avec moi mais j'ai eu trop peur de me la faire voler ou de la perdre . Aujourd'hui, elle est une des deux marmottes qui entourent le drapeau tibétain. Pour me rappeler mais cela je l'ai intégré depuis longtemps, cette phrase de Comte-Spontville :
"Connaître le prix de tout et la valeur de rien".
