LE DALHIA NOIR
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C’était il y a 20 ans, presque jour pour jour. Un film culte. LES INCORRUPTIBLES, pas seulement pour moi mais aussi pour un mensuel qui allait faire son chemin (Les inrockuptibles). A cette date, je ne savais pas que Brian De Palma après le fort réussi SCARFACE, était à l’acmé de sa filmographie.
Pour autant, dans son dernier film, LE DALHIA NOIR, on retrouve ses thèmes et une mise en scène soignée, les scènes classiques d’escalier, des chutes vertigineuses, des scènes dénudées (entre deux femmes), des liens d’amitié dans un environnement policier, lui-même lié avec des gens douteux . On peut même rajouter une liaison avec le film MULHOLAND DRIVE de David Lynch.
Au départ du film, il y a le roman de James ELLROY : le meurtre non élucidé d’une jeune actrice Elisabeth Short, surnommée Le dalhia noir. Dans le film qu’elle tourna, elle jouait le rôle d’une actrice qui se faisait assassinée. D’ailleurs, la mère d’ELLROY, elle aussi fut assassinée sans que son meurtrier ne fût retrouvé. Le metteur en scène nous plonge dans cette enquête doublée d’une histoire d’amitié et d’amour refoulé dans un ménage à trois non consommé. C’est un résumé qui ne peut englober chaque faiblesse et surtout fêlures des personnages qui virent même pour certains à l’obsession (titre d’ailleurs d’un film de DE PALMA).
Si l’on perçoit la structure du roman, sa richesse, le commentaire de Brian de Palma qui disait qu’il a dû faire un choix sur des scènes pour que son film ne dure deux heures nous prouve qu’il n’a pas fait les bons choix. Aux deux tiers du film, on commence à s’ennuyer ou plutôt à ne pas savoir vers quel chemin il nous emmène.
Entre la dénonciation d’un monde politique, d’une classe hautement bourgeoise décadente, d’un monde de cinéma qui utilise de filles pour des films érotiques (nude films), des amours contre-nature à une époque où cela ne devait pas être évident. Tout est lancé mais rien n’arrive : l’argent trouvé, le suicide, la dérive du policier Bleichert, l’attente de Kay Lake et on pourrait encore continuer.
Est-ce le syndrome MISSION IMPOSSIBLE (réalisé par De Palma), de faux-semblants ? On arrive à ressentir une lassitude pour un film qui nous perd malgré une mise en scène qui veut retrouver l’ambiance des films des années 50 sans jamais enlever le sentiment d’un film studio.
