ViVa LuLa
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Regardez la Suède, modèle entre tous. La majorité social-démocrate y a perdu les élections parce que beaucoup trop de Suédois "profitaient du système" pour ne pas travailler. Le taux de chômage réel, a dit la droite, n'est pas de 5 %, mais de 17 %. A trop vouloir aider les gens... Regardez la Grande-Bretagne. Tony Blair a, lui, voulu investir dans les services publics ruinés par Lady Thatcher. Les Anglais dénoncent quotidiennement la vétusté des trains, des hôpitaux et le coût des écoles privées. Mais ils en veulent à Blair d'avoir levé des impôts. Comment faire avec les contradictions du peuple ?
Dans cette perspective, il faut féliciter Lula da Silva pour sa très probable réélection à la tête du Brésil. L'ancien métallo a dû, lui, faire face à l'impatience du peuple dans des vents archi-contraires. A l'intérieur, d'affligeants scandales de corruption en série ont détourné sa course. Sur le front intérieur, la réélection semble assurée. Le peuple a été patient, malgré le bilan assez maigre.
Lula et son ministre des finances Antonio Palocci (jusqu'à mars) ont fait ce qu'ils ont pu et l'électorat populaire en est finalement redevable à ce président venu de ses rangs. Le salaire minimum, qui concerne des millions de Brésiliens, a été relevé de 19 % en termes réels à environ 140 euros. La pauvreté rurale a été combattue. Une bourse a été créée pour aider les mères à scolariser les enfants. Plus de 11 millions de familles en ont profité. Le chômage s'est stabilisé à 10,7 %, contre 11,7 % fin 2002. L'inflation, critère essentiel de crédibilité monétaire, a été contenue, ce qui est une performance.
Maintenir le cap : seul le rétablissement de la crédibilité du pays apportera des taux enfin moins pénalisants. Le second mandat ne sera pas vraiment plus facile que le premier. Il n'y a pas d'autre voie mais, comme dirait le ministre chanteur, Gilberto Gil : Que duro governar...
