Tabac : de l'efficacité d'interdire
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Si la mesure préconisée par le gouvernement est salutaire sur le plan de la santé (600 000 décès prématurés sont imputés chaque année au tabac dans l'Union européenne, dont, en France, 66 000 par consommation et 5 000 par tabagisme passif), d'aucuns, fumeurs ou non, la considèrent comme une grave atteinte aux libertés individuelles.
"Chez l'adulte comme chez l'enfant, l'interdit peut être nécessaire et utile, mais à une condition : que ce ne soit pas la seule stratégie employée", affirme ainsi Philippe-Jean Parquet, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université du droit et de la santé de Lille.
On est ainsi passé de la mise en garde ("Il n'est pas bon pour vous de fumer") à l'injonction ("Vous ne devez pas fumer"), assortie d'une stigmatisation du fumeur. En oubliant que le tabac, longtemps accepté - voire valorisé - socialement avant d'être diabolisé, est une drogue dure, au sens d'une dépendance. Une drogue dont on ne peut se défaire d'un simple coup de volonté ni sans difficultés psychologiques et physiologiques.
Avec l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics, l'Etat franchit aujourd'hui une étape supplémentaire : à l'argument sanitaire individuel, il ajoute un argument sécuritaire contre les dommages subis par la collectivité. Et un troisième, d'ordre moral : nous nous devons de respecter nos concitoyens et de participer collectivement à la lutte contre le tabagisme passif.Selon un sondage Ifop réalisé pour le compte du gouvernement et publié en mars, 78 % des Français seraient favorables à la mesure promise par le ministre de la santé.
