Ciné : FLANDRES
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Le cinéma français resplendit cette année dans la comédie comme dans le drame psychologique. Présenté à Cannes et obtenant le grand prix, Bruno Dumont continue son singulier chemin cinématographique qui cette fois nous touche malgré l’âpreté de son traitement.
Dans une ferme du Nord pas de calais, Demester, jeune paysan, va quitter sa ferme pour s’engager dans l’armée comme le fera l’un de ses copains et un autre garçon qui sort avec Barbe, la jeune fille avec qui il entretient une relation amoureuse. Que ce soit pour ceux qui restent ou ceux qui partent, la séparation va entraîner de nouvelles découvertes vers un avenir peu radieux.
Ce résumé ne saurait donner l’ampleur des sentiments et du parcours psychologique des personnages qui semblent au départ en être peu pourvu. Le cinéma de Bruno Dumont se passe de mots, les sentiments sont intériorisés face aux paysages plats et calmes. Une psychologie primaire qui cache fêlures et aveux.
Le sexe est montré de manière froide, réaliste, sans plaisir. L’acte se résume à une saillie, plus encore dans la scène du viol. Car les 3 garçons qui vont s’engager et aller combattre dans ce qui peut ressembler à l’Afghanistan (scènes tournées en Tunisie) risquent leur vie chaque jour. A l’étranger comme en Flandres, c’est le calme avant la tempête : attaques des rebelles et attaque nerveuse pour Barbe.
Peu de mots prononcés mais ceux-ci contiennent l’essentiel. Filmé en format 16/9e, les saisons et les paysages n’en sont que mieux montrés vers une conclusion qui semble logique. Le cinéma de Bruno Dumont va à l’essentiel, sans démonstration mais avec une intériorité bouillonnante et un talent de mise en scène.
