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APPALOOSA

  • Kitano
  • Films

Après l’automne rebelle, voici l’hiver du western où plutôt son retour avec sorti début octobre APPALOOSA avant le film coréen au titre léonien : LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ.

 

Pour Ed Harris, c’est une lecture classique avec un angle de vue psychologique de la part des différents personnages d’âge mature. De multiples souvenirs me reviendront, d’abord les plus récents : 3h10 POUR YUMA (le remake de mars 2008, avec l’arrivée du train) et le crépusculaire IMPITOYABLE (1992) de Clint Eastwood. On pense ensuite aux classiques dans cette histoire où un méchant a abattu un sheriff et ses deux adjoints venant arrêté deux de ces hommes ayant tué un couple. Les notables de la ville le craignent et font appel à Virgil Cole et son adjoint Everett Hitch pour faire régner la loi dans cette ville de APPALOOSA, au Nouveau Mexique en 1852. Le nom de la ville est aussi le nom d’une race de cheval.

 

Il y a donc un duo de gentils pour une bande de méchants. Il ne faudrait pas oublier l’élément féminin qui va tomber amoureuse de Virgil. Á partir de cette trame, Ed Harris sans révolutionner le genre, va le poursuivre en le pervertissant : Allie (Renée Zellweger) est une nymphomane qui a vraiment besoin d’un homme (« étalon ») ; le duo est basée sur une amitié, une complémentarité sans points faibles (contrairement à l’adjoint classique toujours alcoolique), le meurtrier (Jeremy Irons) gracié va recycler légalement son argent dans un hôtel où travaillera Allie.

 

On est dans le western où dans les duels survit le plus rapide mais surtout le plus précis. On n’oubliera pas l’épisode avec les indiens, la scène de la fusillade. Le film n’est pas centré sur le personnage que l’on pourrait croire car Ed Harris laisse le côté mystérieux à Viggo Mortensen qui dans son interprétation presque minérale, silencieuse l’emporte une fois de plus sur Ed Harris (ils avaient joué ensemble dans HISTORY OF VIOLENCE de David Cronenberg) et encore sur Joachim Phoenix vu dans TWO LOVERS (l’année dernière c’était Mortensen encore chez Cronenberg dans LES PROMESSES DE L’AUBE et Phoenix encore chez James Gray dans LA NUIT NOUS APPARTIENT). Interprétation parfaite. Il y a aussi ce brin d’humour parsemé, par exemple lorsque Cole cherche un mot que lui glisse Everett.

 

Dans ce déroulement lent, réaliste et d’une certaine manière eastwoodien (traitement classique, plans fixes, image de fin), APPALOOSA est plus une relecture moderne qu’un remake d’un genre qui n’en finit pas de garder son intérêt.

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