Mesurer un jour sa dépendance aux drogues
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Ce processus s'apparente à un mécanisme d'horlogerie. "Normalement, chacune de ces trois molécules agit comme les roues d'un tel engrenage et elles se contrôlent l'une l'autre, indique le chercheur. La dépendance s'installe lorsque l'engrenage se découple et que chaque roue se met à tourner sans contrainte." L'intensité du plaisir, au moment de la prise de drogue, résulte de la sensation fugace du rétablissement d'un fonctionnement harmonieux du système. Lorsque l'effet disparaît, la mécanique se dérègle à nouveau, ce qui engendre des souffrances difficiles à supporter et pousse à une nouvelle prise. Ainsi commence le cycle de la dépendance. Selon ce scientifique, cette découverte permet de comprendre pourquoi, malgré l'utilisation des patchs de nicotine, 87 % des consommateurs de tabac ne parviennent pas à un sevrage durable. Car ce traitement ciblé n'agirait pas sur le mécanisme global identifié. "Il nous reste à trouver le moyen de réassocier l'engrenage", reconnaît M. Tassin, qui précise que cette nouvelle compréhension permet, d'ores et déjà, le décryptage du mécanisme de la dépendance chez le rat. Et devrait également bientôt permettre d'expliquer pourquoi certaines personnes sont beaucoup plus exposées que d'autres. "Un stress en début de vie peut provoquer ce dérèglement des neuromédiateurs et favoriser la vulnérabilité à la prise de substances addictives", indique M. Tassin, qui inscrit clairement la dépendance dans les maladies mentales.
Pour lui, médicaments et psychothérapies pourront, dans l'avenir, s'associer pour aider à la prise en charge de cette pathologie du plaisir et des émotions.
