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QUANTUM OF SOLACE

  • Kitano
  • Films

Il ne me restait que peu de souvenirs des dernières histoires cinématographiques de l’agent secret britannique. Je me souviens des décors glacés de MEURS UN AUTRE JOUR (2002) me faisant renouer avec le personnage de Ian Fleming depuis son interprétation avec Roger Moore.

 

C’est la deuxième fois, après Timothy Dalton et Pierce Brosnan, que Daniel Craig prête ses traits au personnage le plus connu du cinéma avec ses 22 adaptations. Première constatation, le nouveau James Bond a changé. S’il est toujours élégant même après des poursuites, des explosions, son visage est triste (on peut le comprendre, il a perdu celle qu’il aimait dans l’épisode précédent). Il se bat bien mais l’humour est absent, totalement. Finie aussi ou presque la séduction et les scènes dans un lit, pas de feu sous la glace.

 

Ce que nous voyons à l’écran est inspiré de l’œuvre d’Ian Fleming mais pas de l’un de ses romans qui ont tous été adaptés. Un des trois scénaristes est Paul Haggis, scénariste de MILLION DOLLAR BABY et du diptyque sur la guerre de Clint Eastwood avec le thème de la mémoire, de la perte. C’est en filigrane ce que va véhiculer le conscient du protagoniste méritant son matricule 007 (permis de tuer) pouvant faire douter de son travail loyal dans un milieu – même au sein des services secrets – où l’on ne peut se fier à personne.

 

Il m’est souvent arrivé de voir des films d’action ne faisant que répliquer ou copier bravoure et côté indestructible de l’agent secret. D’ailleurs, le dernier en date d’une saga, a pour initiales J.B. (Jason Bourne) dont se délecte de nombreux critiques sans arriver à m’intéresser. La tendance du méchant pas si méchant – preuve que l’intérêt est ailleurs – peu crédible se poursuit. Comment croire que Mathieu Amalric puisse être sans remords et avoir l’étoffe d’un dangereux criminel ? Dans notre cas, étant français, il représenterait plutôt la délinquance en col blanc et en contrat.

 

Pendant toutes les péripéties, James va essayer de faire le deuil de celle qui l’a trahi. Révélateur est aussi le fait qu’il se tourne vers un ancien ennemi pour mener personnellement sa mission dont on l’a relevé car la politique internationale et ses enjeux de matières premières prennent une place contemporaine et réaliste. Absence d’humour mais absence aussi de charme. Auparavant, il y avait le plaisir de découvrir une James Bond girl ou une méchante. Cela ne sera pas le cas. Certes, il y a trois personnages féminins mais leur rôle semble terne même si l’on retrouve le thème de la vengeance pour l’une d’elle.

 

Le personnage féminin d’envergure reste M, la supérieure de Bond. Elle est d’ailleurs la référence à l’unique sourire, lorsque dans l’avion la jeune femme brune lui dit « vous aussi vous avez à venger quelqu’un, une femme ? », ce à quoi il répond « oui mais ce n’est pas ce que vous croyez », et elle d’enchaîner « votre mère ? », ce à quoi elle entend « non mais c’est ce qu’elle croit ».

 

Le film débute par une course de voitures digne de jeux vidéos comme pour annoncer que la patte, la marque de fabrique est présente. On voyagera dans différents endroits (Bolivie, Russie, Angleterre) avec en sous-jacent le thème de l’écologie à la mode. Pourtant, on a une impression de héros pas accompli comme si l’aspect plus réaliste donnait moins de plaisir.

Dans le dernier carton du générique, on nous annonce que « James Bond will return » (James Bond reviendra). Le 23e projet est lancé mais sans titre pour l’instant. Ayant fait œuvre de pardon, de consolation (ce que pourrait signifier le titre anglais – quantum traduit par quanta en français, étant un terme physique mais aussi philosophique), l’agent secret pourra retrouver aventures en tout genre mais surtout se retrouver.

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