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TONNERRE SOUS LES TROPIQUES

  • Kitano
  • Films

Voir une séance au cinéma en totalité et en comprenant les dialogues vaut mieux que ce que j’avais vu en avant-première en Asie sur un écran télé en version originale piratée. Deuxième vision du nouveau Ben Stiller se mettant en scène pour une aventure presque loufoque qui n’arrivera tout de même pas à dynamiter son sujet comme s’il restait accrocher à ce qu’il égratigne : le système hollywoodien.

 

Un tournage au Viêt-Nam va tourner au délire lorsque l’équipe de comédiens perdue dans la jungle va vraiment tomber sur des trafiquants de drogue. Mélangeant fiction et réalité, film dans le film, réflexion sur le statut de comédiens et surtout numéros d’acteurs dans ce qui pourrait s’apparenter à des sketchs pas toujours de bon goût mais toujours marrants lorsqu’on les accepte.

 

Ce que l’on ne peut reprocher à Ben Stiller c’est sa direction d’acteurs. On se souvient de son THE CABLE GUY avec un Jim Carrey plus que borderline. Conscient de son casting, le réalisateur se laisse toutefois voler la vedette - comme dans l’aventure - par un Robert Downey Jr très acteur studio avec penchant philosophique pendant que Jack Black compose un rôle stupéfiant, c’est le cas de l’écrire. Mais surtout, et cela pourrait lui valoir une récompense, c’est le second rôle du personnage du producteur, totalement délirant dans des scènes surréalistes qui est impressionnant : une prestation par un acteur méconnaissable dont le nom sera dévoilé lors du générique. Du grand art comique.

 

Autre versant, mais il faut adhérer, c’est le langage vulgaire dont le ton est donné dès le début avec ces fausses bandes annonces. On peut avoir l’impression d’une suite de sketchs, de gros mots plus que de bons mots, avec des scènes d’action certes réussies mais pas adaptées car trop réalistes. Les références au genre de guerre du Viêt-Nam sont facilement reconnaissables : Apocalypse Now, Voyage au bout de l’enfer, Platoon, Rambo.

 

Le film aurait gagné à être plus court (1h 48) à l’image de cette fin avec la cérémonie des Oscars de trop mais prétexte à un numéro ébouriffant, jouissif et détonateur sans besoin d’effets spéciaux.

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