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Ma lettre au Masque .... (Teache A va apprécier ... et Jérôme aussi)

  • Kitano
  • Le Blog
Ce soir enregistrement de deux émissions du MASQUE ET LA PLUME
maison de Radio France à 20 heures

Bonjour Jérôme et
Bonjour aux amis du Masque

Partisan et silencieux.
Mon animateur préféré
Monsieur Jérôme Garcin
serait partisan et silencieux.
Ce qui est vrai, je le conçois …
mais pas simultanément !


Le retour ou presque. C’est le 14 novembre que ré-ouvre mon cinéma d’art et d’essai avec le nouveau film de Clint Eastwood, après 4 mois de travaux.

J’ai vu durant l’été – en juillet, à Bangkok – le nouveau Del Toro (en version originale non sous-titrée). Je dois écrire qu’en fait si je me rappelle de la trame (sûrement la recherche d’un objet pour obtenir le pouvoir de relancer ces armées d’or), j’ai - moi aussi - oublié le déroulement de l’histoire.

Ce que je pense, c’est que dans ce film de commande, ce n’est pas l’action classique qui intéresse le réalisateur mexicain mais plus les à-côtés : il est rare de voir une scène de karaoké entre deux « mutants » bien imbibés d’alcool.
Les histoires, Del Toro aime les raconter d’ailleurs, le prologue commence par cela, je m’en souviens (le petit mutant devant se laver les dents – ses grandes dents – s’il veut une histoire).
Ce qui me revient aussi, c’est la fin du film, le dialogue, la phrase de fin, l’héroïne dit non pas « baby » (elle est enceinte) mais « babies ». Prétexte pour Del Toro de signifier qu’il va passer à d’autres films, d’autres commandes dont les aventures du Hobbit (Seigneur des anneaux) dont HELLBOY a les prémisses (pendant le dernier quart du film).
Pour conclure, contrairement à Jean-Marc Lalanne, je pense que Guillermo Del Toro est plus inspiré lorsqu’il est auteur comme avec le fantastique LABYRINTHE DE PAN que j’ai pu découvrir cette année.

Un petit mot sur MENSONGES D’ETAT que je viens de voir dans une salle de circuit commercial. Si le film part sur une base intéressante (montrer le terrorisme et sa lutte), il va vite s’enliser dans les clichés et surtout la longueur d’une histoire cadrée, classique autant dans ses personnages que dans le final (Ridley Scott est producteur de son film).
J’ai pensé à JEUX DE GUERRE de Phillip NOYCE qui date de 1992 où l’on découvrait l’usage des satellites (je me demande d’ailleurs pourquoi le personnage n’a pas de « puce » ou « micro intégrée » sous la peau pour que l’on puisse le localiser sans souci) et au film ENEMI D’ETAT de 1999 du frère de Ridley (Tony Scott).

En fait si j’écris c’est surtout pour le film de Depardon et ce qui m’a choqué : l’intervention de la dame qui se croit obligée de tenir des propos parisianistes sur les paysans. Propos que mon animateur a subtilement désamorcé. Tout d’abord, ce qu’elle énonce est faux de par la caméra légère et fluide qui donne presque un côté aérien et doux : c’est une caméra spéciale, spécialement conçue pour Depardon. Il n’en existe aujourd’hui que 4 dans le monde et la fabrication est française (c’était dans les CAHIERS du mois dernier). Ensuite, le propos, le langage, les mots utilités sont parfaitement audibles. C’est du mépris anti-paysans que de vouloir des sous-titres.

Revenons au film.
Il y a une scèn qui m’a marqué et avec celle-ci la personne, le personnage qui se détache : Marcel Privat.
C’est drôle parce que j’habite Valence dans la Drôme et que dans le département d’à-côté l’Ardèche, il y a une ville qui se nomme PRIVAS (Michel Ciment pourra confirmer).
Il y a donc une scène, où l’on voit le paysan de 88 ans (et non pas le vieux paysan) allongé et dire « c’est la fin ». Cette phrase résonne encore et encore en moi.

C’est la fin d’un monde paysan tel qu’il était au XXe siècle alors que l’électricité n’était pas encore dans les maisons et que la mère se levait avant les autres pour allumer le feu. Il n’y a pas ici de sentimentalisme ou de documentaire du bon vieux temps. Il y a un monde qui disparaît sans succession ou presque.

Scène révélatrice aussi, lorsqu’il entre dans le champ de la caméra pour prendre un café offert par le couple Chalaye. Il y a dans cette scène, un geste si vrai, si naturel qu’il en est intense lorsque Germaine propose un gâteau que Raymond accepte et qui tout de suite après, elle lui dit « reprenez-en un autre ».
Quelle douceur elle a, Germaine. Il n’y a plus de réalisateur, plus d’invité, il y a un rapport filial.

Film triste parce que, si le monde paysan disparaît, ce sont d’abord des personnes qui meurent. La mise en scène est fluide, légère, presque aérienne. filmée en cinémascope avec les couleurs plutôt fades de l’hiver, au début.
Et lorsque que l’on repart avec ce travelling arrière, à la fin, sur la route, on a ce sentiment amer d’un voyage dont on revient mais dont on sait qu’il était unique avec dans le paysage l’image puis la forme d’un paysan qui comme le dit le commentaire « me regarde ».

Le film de Raymond Depardon a cette qualité de nous parler sans mot, vibrant comme une traversée inoubliable et ordinaire du passé et du présent … mais certainement pas de l’avenir.
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K
si, si ... celui qui observe dans un magasin suédois les couples faire leurs courses ....
Répondre
T
non ? non ? pô vu . . .  c'est pas moua
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K
OUI, des anecdotes !tu as vu que tu es cité par Princesse Ann dans son dernier post ;-)
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T
faut pas exagérer ! l'électricité il l'ont eu après la 2éme guerre, au plus tard dans les années 50. Ceci dit la ferme que je fréquentais, tu pouvais pas allumer avant 17h30/ 18h00 l'hiver . . . c'était pas évident dans la pénombre . .  .Tu en veux d'autres d'anecdotes . . . ?
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A bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog