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Un été avec Coo

  • Kitano
  • Films

Un film d’animation japonais à recommander d’abord aux adultes et ensuite aux enfants, c’est ce que l’on ressent de la première réalisation de Keiichi Hara avec une durée inhabituelle (2h15) demandant une attention et soulevant des thèmes classiques, mais traités d’une manière douce et subtile.

 

Au XVe siècle, un petit kappa (mélange de tortue et d’oiseau) – esprit de l’eau - voit son père se faire tuer par un samouraï. Suite à un tremblement de terre, il est fossilisé jusqu’au moment où Koichi, dix ans, au début de l’été, le découvre et lui rende la vie. La nouvelle va bientôt se répandre.

 

L’auteur japonais du roman dont est issu le long métrage a aujourd’hui plus de 70 ans, cela peut expliquer le ton d’un temps passé, les liaisons éphémères mais marquantes et le sujet de la socialisation dans le fait d’être différent. Aucune lourdeur, pas de démonstration, juste des personnages qui s’excusent souvent (on est au Japon) et qui pleurent beaucoup.

 

L’action se passera dans une famille où le père rentre toujours tard et la petite sœur est une vraie peste. L’école et la piscine seront les autres lieux avec comme autre personnage une jeune fille pris en grippe par les autres, symbole du changement de Koichi, bien gêné. L’autre décor est la Nature lors des escapades entre l’écolier et Coo, découverte des paysages, de la douceur contrastant avec l’image urbaine.

 

Le film va être un plaisir où l’émotion par moments va arriver. Réflexion sur l’attrait des médias, les souffrances entre écoliers, une attirance pas encore exprimée, la culture japonaise, la famille, le côté esprit de la nature, et bien sûr un pan de vie enfantine. En plus de tout cela, on est touché par ce petit animal (« nous on ne ment pas ») qui a comme ami (car ils peuvent communiquer par télépathie) un chien. Ce dernier, personnage rempli d’amour nous ramène à l’universel d’une perte. Passage le plus touchant voire bouleversant.

 

Le dessin classique avec notamment ces presque images fixes ressemblant à des tableaux pour le parcours initiatique de Koichi et Coo (nom donné par l’enfant car il ne se souvient plus du sien). Certes, on n’est pas dans le poétique de Miyazaki, la dernière demi-heure aura dû s’accélérer, une chanson country être enlevée, les traits physiques des personnages trop occidentalisés ; il n’empêche que cela faisait bien longtemps que je n’avais ressenti un tel plaisir devant un film d’animation. Film tout court, tout simplement.

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