Ciné : L'ITALEN (vu en VO)
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7 films en compétition pour deux prix, celui du public et celui du jury présidé par Pierre Richard. Décernés dans les deux cas, à l’unanimité à Andreï Kratchouk qui tendit les deux angelots pour la photo. Il faut espérer que L’ITALIEN rencontrera lors de sa sortie le public comme il a rencontré celui de ST-Pétersbourg (Prix du public), celui de Berlin (Grand prix du festival pour enfants) et celui de Zelbe (Prix du meilleur film – Allemagne).
Une histoire simple : dans un orphelinat d’une ville provinciale russe, un couple d’italiens vient pour adopter un enfant. Ce dernier se met alors en tête de retrouver sa vraie mère. L’histoire va nous conter les semaines qui séparent l’adoption et donc le départ du début du voyage – un autre départ – pour un retour à l’origine, à la création. L’enfant (qui doit avoir 6/7 ans) a une jolie bouille blonde et un caractère forgé vers un but unique malgré ce qu’il devra surmonter dans cet orphelinat. Pourquoi ce questionnement devant une libération de conditions de vie difficile qui ne peut mener que vers la débrouille, la délinquance, la prison ?
Le film peut se voir en deux parties, la décision de vouloir connaître la vérité et l’escapade plus que la fuite. La mentalité des personnages changeront, pour preuve ces deux directeurs d’orphelinats, dont l’un alcoolique est dans la combine de l’adoption et l’autre qui la refuse malgré l’argent proposé. Ce dernier aura une phrase qui résume, une partie de la situation en Russie : « lorsque qu’un pays accepte de vendre ses enfants, c’est que le pays va mal ». Tout est dit ou presque. Car il dira aussi, qu’il a une vingtaine de nouveaux-nés dans son établissement.
Ni initiation, ni conte de fées mais l’histoire d’un enfant, comme des centaines qui veut savoir. Dans l’orphelinat, c’est donc la débrouille, une sorte de solidarité imposée pour survivre, comme une bande avec une hiérarchie mais sans profit pour aucun si ce n’est de se recréer sinon une famille du moins un clan. Les plus petits nettoient les voitures, les autres travaillent, les jeunes filles tapinent pour se retrouver devant une gamelle de pommes de terre le soir. Cela n’a rien de misérabiliste mais cela ne porte pas à une imagerie complaisante. Pas de moments de tendresse pour tous, à l’exception d’une scène : lorsque la jeune fille rousse prend dans ses bras le petit Vania. On perçoit alors une émotion qui ne peut jamais s’exprimer, l’individu étant réduit aux fonctions primaires physiologiques.
Le cinéma russe est vivant, Andréï Kratchouk nous le prouve avec un film qui a du souffle et du cœur.
