Ciné : MEMOIRES D'UNE GEISHA (en VO)
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Sans Hou Hsia Hsien, je ne serais sûrement pas allé voir ce film démoli par Les inrockuptibles (« il y a un moment où la bêtise devient criminelle »). Mais après la prestation de Shu Qi, voir trois des plus grandes actrices chinoises ne pouvait me laisser indifférent. Le peu d’extraits vus de CHICAGO, la comédie musicale qui rafla quelques Oscars en 1999, m’avait pourtant mis sur la voie d’une mise en scène académique mais revoir Zang Ziyi était une motivation suffisante.
Dès que le générique de fin fit apparaître le nom du producteur (il avait acheté les droits du best seller), la relation de cause à effet fut comme la clarté du cerisier en fleur.
L’histoire de cette enfant vendu pour devenir geisha puis servante puis geisha cachait une histoire d’amour très hollywood. Et c’est le reproche principal mais primordial de ce film studio, qui reste dans le politiquement correct surtout lors de la mise aux enchères de la virginité du personnage. Cette scène se transforme en scène de cabaret pour ensuite disparaître en moins de cinq secondes, bien loin d’un réalisme pas voyeur mais révélateur chez Louis Malle dans La petite.
Le film est asexué, ce qui convient bien pour une histoire d’un homme qui va, d’un regard tomber amoureux d’une enfant de 10 ans. Le côté social est plus présent mais pas marqué, sur la condition de ces êtres à qui l’on inculque une éducation de serviteurs, d’esclaves. Le changement de nom en est révélateur (Chyio puis Sayuri). Le tout est tourné dans décors cartes postales à partir d’une histoire où se croise les stratégies de pouvoir, d’argent et d’amour.
Reste qu’il y a les actrices : Zang Ziyi toujours fraîche arrive à rester adolescente face à Gong Li sorte de Marquise de Merteuil. Mais, le rôle le plus intéressant est pour Michele Yeoh (chinoise mais née en Malaisie) qui, comme dans TIGRES ET DRAGONS montre la réflexion du passage du temps. Des trois actrices, c’est la plus âgée mais c’est celle qui arrive par son interprétation à sortir de ce film calibré.
Définitivement, c’est l’actrice au début le plus improbable (SEX & ZEN II) qui donne le meilleur de l’interprétation. A sortir des sentiers traçés par le système, on arrive dans une voie réservée aux plus inspirées des actrices. Shu Qi doit encore tourner avec HHH.
