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GOMORRA

  • Kitano
  • Films

Á la fin du film, le texte nous apprend que depuis trente ans, la mafia a fait plus de 4 000 morts. Même si cela est triste d’un point de vue humain, cela est peu tant des milliers de personnes sont impliquées dans les divers trafiques. Le plus impressionnant reste le chiffre d’affaires journalier de cette organisation : 500 000 $ par jour ! Le dernier chiffre expliquant en partie le premier.


Loin de la mythologie cinématographique du Parrain, nous allons être plongés dans le quotidien, la banalité, la tristesse de ses immeubles modernes aujourd’hui bloc de béton aux couleurs fades et sales. Tout semble petit : l’espace, le territoire, la mentalité, l’intelligence et les aspirations. La scène la plus emblématique (qui est celle de l’affiche) reste celle des deux jeunes en slip s’amusant, se défoulant voire s’excitant avec le tir de leurs armes près de la mer.


Tiré du roman de Roberto Saviono, le film ne garde que quelques histoires menaient parallèlement : celle d’un préado qui veut et qui va adhérer au syndicat du crime ; celle d’un duo voulant être indépendant et deux histoires de personnes qui vont quitter le système. Le mérite de ce film est de nous présenter la vie de tous les jours avec les magouilles (enfouissement de déchets toxiques), les règlements de compte (dissidence, punition), les aides fournies par la mafia et les nouveaux enjeux.

Il ressort une impression que la fameuse « pieuvre » est en fait une organisation qui se rapprocherait plus de la PME ou très petite entreprise que de la société anonyme. Comme le confirme l’écrivain, c’est « un mécanisme plutôt qu'une structure ». C’est pour cela que certains veulent et peuvent se lancer dans des activités autonomes, finissant plus ou moins tragiquement. Autre apport, c’est le lien qui dépasse celui de la famille : une mère va avertir l’organisation que son fils fait dissidence, on se doute que c’est l’épouse du couturier qui a « lâché » son mari. Il faut préciser que dans cette ville, le taux de chômage est de 25% et le taux de pauvreté de 32%. La lutte contre la Camorra (le titre est une contraction entre ce terme et Gomorrhe) peut-être alors illusoire car elle passe par un dynamisme économique (légal).

Le point commun à presque tous (on exclut les politiques et les hommes d’affaires), c’est en fait la peur ou la bêtise qui passent toutes les deux par les armes. La première partie, celle au côté documentaire est filmée en plan moyen et souvent axée sur les visages, suivant les personnages, elle est intéressante. La seconde qui va suivre le parcours des personnages l’est beaucoup moins car trop longue ; le film atteignant les 2h15 ; et moins prenante sans empathie possible pour tous les personnages. La conclusion pour certains n’était pas indispensable dans ce récit où la réalité doit être plus cruelle.


Grand Prix du 61e Festival de Cannes, Gomorra avait les atouts pour plaire au Président Sean Penn avec son côté contemporain, réaliste et social, du point de vue cinématographique, l’adaptation du livre et son côté reportage est plus tranchante, prenante que celui de la fiction.

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