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300

  • Kitano
  • Films

Vu en VO à Kuala Lumpur sur grand écran télé.

Je comprends avec raison le fait d’avoir boudé ce film lors de sa sortie qui pour certains peut se résumer à du spectacle et de belles images.

L’histoire nous parle d’Histoire, celle de Sparte, de 300 guerriers qui vont faire face avec bravoure à une armée face à laquelle, ils n’ont aucune possibilité de survie étant numériquement insignifiant (1 contre 1000).

Cela commence par des scènes présentées comme des tableaux avec mouvements de caméra rapides, saccadées et des couleurs retouchées. On peut faire un parallèle avec SIN CITY. D’ailleurs, à la production, on trouve le nom de Frank Miller.

Au départ, on peut être étonné de cette mise en scène et de ce parti pris, mais au bout d’une dizaine de scènes, on commence par être lassé d’autant plus qu’au fur et à mesure, le côté religieux et un discours à peine voilé sur la lutte pour une terre et une liberté contre les barbares énonce clairement ce qui se cachait l’idée.

On retrouve encore Frank Miller puisque le film est inspiré de son livre. Après le Dark knight qui mettait BATMAN dans une perspective égoïste et névrosée, la suite sera plus polémique comme dans 300. Affichant ses penchants nationalistes, le discours de Miller est qu’il faut combattre l’ennemi sans faiblir. En 1984, sortait un film de John Milius (L’AUBE ROUGE) qui voyait des cubains et des soviétiques envahirent les Etats-Unis. Les temps ont changé, les barbares aussi.

Les 300 spartiates partent donc lutter mais sans l’accord du Parlement montré comme faible, ne sachant être dans l’action. Car de l’action, il va y en avoir ! A faire passer le début de BRAVEHEART pour un film pour enfants. Véritable catalogue de batailles avec sang jaillissant (le film aurait pu se nommer ROUGE), voici une partie de la liste dans l’ordre d’apparition : artillerie, flèches, chevaux, éléphants, rhinocéros, monstres. Car il y a des êtres difformes qui contrastent avec ce qui nous est présenté comme historique, en sombrant de nombreuses fois dans l’ésotérisme.

Enfin pour être sûr de stigmatiser le Mal, le roi qui demande allégeance aux spartois est grand, rasé et porte colliers, bracelets en fer qui malgré sa voix grave n’en donne pas moins une impression efféminée.

300 est un film dont on peut s’abstenir de par sa forme mais surtout de par l’idéologie sous-jacente. Frank Miller tourne la suite de SIN CITY, film qu’il faudra regarder avec un autre type d’analyse.

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