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Les injures

  • Kitano
Décidément il devient de plus en plus difficile de traiter son voisin de noms d'oiseau... Les lois se multiplient pour réprimer sans cesse un peu plus la bonne vieille tradition de l'injure lancée un peu partout en France, y compris sur les bancs des parlementaires.
Un parlementaire justement vient d'en faire les frais, Christian Vanneste, député du Nord, condamné en première instance pour injure homophobe. En effet même pour injurier quelqu'un, vous n'avez pas toute liberté. La loi interdit, et donc punit, tout un tas d'injures. Notamment celles qui ont un rapport avec la race ou la nationalité de la personne injuriée. Ou bien avec sa religion. Et plus récemment avec ses m¦urs homosexuelles. En sachant également que l'injure est punissable même si une personne précise n'est pas visée, ou nommément désignée, mais qu'il s'agit de tout un groupe. Dans l'affaire de ce député, c'était, selon le tribunal, l'ensemble de la communauté homosexuelle qui était visée. Nous verrons en appel si cette analyse est maintenue.
Sur un plan pratique, que faire pour injurier votre ennemi intime, et pour sortir du classique mot de trois lettres tellement utilisé qu'il en devient presque banal ?
Et bien il y a une solution. Traitez donc votre voisin de sale bourgeois, de capitaliste exploiteur, de prolétaire bas de gamme, ou de représentant affligeant de la classe moyenne.
Là ce n'est que du bonheur, laissez libre cours à votre imagination, vous ne risquez rien ! Et c'est la plus haute juridiction française qui l'affirme : traiter quelqu'un d'aristocrate décadent n'est pas une injure à caractère raciste. Libre à vous de taper sur la classe sociale à laquelle appartient celui que vous avez pris en grippe. Aucune poursuite pénale n'est possible, le parquet ne peut pas agir.
Il va vite falloir qu'une loi vienne combler cette lacune.

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