Témoignage d'un champion du monde de karaté
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«J'ai été champion du monde. Ma carrière s'est arrêtée un mardi. Une fois monté sur la plus haute marche, le soir même, je me disais : ce n'est que cela. Et j'ai commencé dix ans de dépression ! J'avais voulu prouver que j'étais le plus fort, et à ma manière.
Mais ce n'est pas possible d'être le plus fort. C'est une chimère.
Aujourd'hui je pense que la compétition n'est pas forcément une bonne chose si on s'y engage pour échapper à autre chose, à des prises de conscience nécessaires. La compétition simplifie la vie. Elle vous en isole. Mais cela reste une école de rigueur, une culture.
Plus tard, si tu sais expliquer comment tu as fait, tu peux aider le gars au chômage qui va faire son entretien d'embauché, son championnat à lui, tu peux lui donner du courage et de la confiance. Et j'en garde aussi le souvenir formidable de la camaraderie et la noblesse de la confrontationi...
Et même si je relativisais ce que j'étais en train de faire, j'ai beaucoup regretté ensuite mon joujou quand j'en ai été privé ! »
