REC
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Les studios américains, manquant à ce point d’imagination ou de talent, vont chercher à l’étranger un film à succès pour en faire un remake. Si l’affaire est presque réglée pour le film de Dany Boon, elle est presque dans la boîte pour ce film d’épouvante espagnol qui sortira sur nos écrans sous le titre QUARANTAINE le dernier jour de cette année.
Sur une trame désormais classique et une forme syndrome ‘Blair witch project’ nous voici amenés dans un immeuble et emmenés pour une nuit d’épouvante. La trame se compose d’une introduction joyeuse, festive ou banale, en l’occurrence un reportage de télévision (‘pendant que vous dormez’) avec au micro et devant la caméra une jeune femme blonde mignonne dans son tshirt blanc dans une caserne de pompiers. Puis, le drame : entrant dans l’immeuble, tous les habitants et personnes sont sommés de ne pas sortir pendant toute la nuit, l’un après l’autre, les morts vont se succéder. Enfin, dans la conclusion, une explication à laquelle on ne peut croire.
Vous pouvez appliquer cela à THE DESCENT (2005, une bande de copine font de la spéléo, bloquée elles vont découvrir l’horreur) et plus proche de nous CLOVERFIELD (février 2008) qui utilisait le principe de la caméra subjective : pendant tout le film les scènes étaient filmées via un caméscope.
On reprend donc les mêmes thèmes sur le fond et sur la forme pour broder une histoire qui mélange, qui rappelle de nombreux sujets de cinéma d’épouvante : les morts-vivants bien évidemment, le diable (avec la petite mais sans la transgression de meurtres), le complot. On arrive à être pris dans cet enchaînement de claustrophobie et de morts (enfin presque morts), le film étant d’ailleurs interdit aux moins de 12 ans (- 16 pour THE DESCENT et avertissement pour CLOVERFIELD) mais, comme à chaque fois, la fin est décevante, comme si les scénaristes n’arrivaient pas à fournir non pas les meurtres ou disparitions mais une explication crédible. Ce qui serait confirmé par un des deux réalisateurs qui aurait pris comme modèles des jeux vidéos (RESIDENT EVIL, SILENT HILL) dont on perçoit il est vrai le schéma en plus concentré et en plus … télé réalité.
On pourrait relever quelques détails irritants : le caractère qui devient vite hystérique de la journaliste, les personnages et l’explication de la scène finale (on se croirait dans SEVEN), les morts-vivants, les clés perdues, …
Les deux réalisateurs prouvent, après L’ORPHELINAT (plus gros succès de tous les temps dans son pays), que la veine fantastique, d’épouvante est cette année espagnole.
Tel qu’il est, le film peut se dispenser d’un remake.
