OPERA JAWA
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Pour la première de ma vie de cinéphile, après pourtant 4 voyages dans cet archipel, il m’est donné de voir un film indonésien. Dans l’île de BALI, à Kuta, endroit (le plus) touristique s’il en est, le seul cinéma a fermé. Il en est de même quelques kilomètres plus loin à DENPASAR (ville de l’aéroport). Ne reste plus que Jakarta qui programme des films bien entendu américains, à ce que j’ai pu lire dans les journaux indonésiens. Les attentas (en 2002, le cinéma était dans un centre commercial à deux pas de la discothèque qui a subi l’explosion), la crise économique (crise asiatique de 1997 qui provoqua la chute du dictateur Suharto) et le piratage sont sûrement les causes de ces fermetures.
Ce film indonésien, produit aussi par la France et l’Autriche, est en fait un opéra mis en scène mais pas sur scène. Il commence d’ailleurs dans la rue par un prologue chanté par un gros monsieur (que l’on reverra par la suite) et se terminera par une vue de la mer. Setio est le mari de Siti, convoitée depuis toujours par Ludivio. Profitant d’un voyage marchand du mari potier, il va la séduire.
S’il n’y avait que cette histoire classique, on pourrait y voir un de ces contes du Ramayana. A Jogjakarta (lieu culturel de Bali), de nombreuses représentations ont lieu, mais le film va plus loin sur trois aspects : tout d’abord la présentation de cet opéra dans la forme, en utilisant des scènes filmées en décors mais aussi en extérieur, donnant plus d’aération au déroulement de l’histoire et à la musique dont il faut s’accommoder.
Ensuite, c’est l’aspect moderne des thèmes abordés :on y parle de politique, de corruption, d’économie,de pauvreté et de révolte. Le personnage Ludivio et sa mère font figures de ‘capitalistes’ pensant pouvoir acheté l’amour, entre autres.
Enfin, la chorégraphie est par instant moderne, danse contemporaine qui a un sens. La belle scène du lit où le couple s’éloigne en est une belle illustration sans oublier un certain érotisme dans le premier musulman du monde.
Dépaysement des sens, de la musique, de la chorégraphie mais pas du sens, de l’histoire et de la profondeur. OPERA JAWA demande adaptation et patience pour un spectacle qui dépasse le simple cadre d’une trame connue et qui nous donne une véritable découverte d’une autre culture dont les problèmes sont les mêmes que les notres.
