BLACK SHEEP
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Un film néo-zélandais n’arrive pas toutes les semaines sur nos écrans de cinémas, et même pas toutes les années. Il y a à peine une dizaine de réalisateurs originaires de cette lointaine contrée, dont la plupart tournent aux Etats-Unis (le prochain James Bond par exemple par Martin Campbell) et dont l’ambassadeur n’est autre que Peter Jackson.
Ce dernier, loin des productions ampoulées et la profusion d’images de synthèse (King Kong, Le Seigneur des anneaux) avait pourtant commencé sa carrière dans la comédie horrifique (BAD TASTE - 1987) et l’épouvante (BRAIN DEAD - 1993).
Il semble – car c’est une évidence – que Jonathan King ait retenu la leçon : tout d’abord être scénariste, ensuite glisser des scènes gores avec un second degré et bien entendu un humour. Pour son cas, on rajoutera quelques pointes de sexualité décalées !
Á partir d’une histoire de série B classique de moutons modifiés génétiquement qui deviennent des tueurs carnivores, c’est une longue liste de références cinématographiques qui va s’égrener. Pêle-mêle : LES OISEAUX, EVIL DEAD, mais aussi une scène comme SUSPIRIA (Dario Argento – scène du trou), du LOUP GARON DE LONDRES (transformation), d’ARACHNOPHOBIE (ici ovinophobie), du VILLAGE DES DAMNÉS (confinement dans une aire géographique), d’EVIL DEAD (cité par le réalisateur), LA NUIT DES MORTS VIVANTS (Georges A. ROMERO) …
Ne voulant pas jouer dans la surenchère de la tension (comme dans les films américains) ou du gore tous poils ou à toute laine, ce film n’en montre pas moins quelques scènes osés (il est interdit aux moins de 12 ans) : l’ellipse ou la suggestion de zoophilie, un sexe étiré par un mouton, qui ne peuvent provoquer que le rire. On peut se souvenir de la scène de STREET TRASH (1987) avec ce sexe masculin qui était utilisé comme ballon. Pour le reste, si le scénario est articulé, l’histoire va au plus simple, les personnages aussi : les frères si opposés, la militante écolo avec ses discours si caricaturaux, la chercheuse démoniaque avec lunettes et jupe stricte, la vieille cuisinière n’ayant peur de rien, ….
Dans les qualités du film, on gardera les vues de paysages néo-zélandais, l’utilisation de trucages qui rendent bien les exactions des moutons (aucun mal n’a été fait à ces bêtes).
Pour le reste et même pour l’ensemble, il ne faut pas chercher dans BLACK SHEEP autre chose qu’une série B qui s’assume et réussit là où des cinéastes comme Tarantino et Rodriguez avaient échoué dans le film de genre. La fraîcheur du réalisateur pour son premier film en est l’origine.
Par contre, si vous voulez connaître la vie des fermiers australiens, il y a un film datant de 1975 SUNDAY TOO FAR AWAY qui montrait la dure vie des éleveurs et employés avec des vraies tontes de moutons. De la réalité moins sanglante mais toute aussi difficile à vivre.
