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3H10 POUR YUMA

  • Kitano
  • Films

Néo-western, le terme semble approprié au film de James Mangold qui est un remake d’un film de Delmer Daves de 1957. N’ayant pas de souvenirs de l’original (je le reverrai dans quelques jours), c’est donc sans a priori que j’ai assisté pendant les 2 heures à l’histoire d’un fermier, à la recherche de son honneur et du règlement de ses dettes en acheminant un dangereux bandit vers un train. Le problème c’est qu’il a la bande après lui.

 

Mitigé est le terme à la fin de la séance. La question qui vient à l’esprit est le pourquoi de ce remake. Sans aller à copier scène par scène comme l’avait fait Gus Van Sant dans Psycho, ce film dépasse la durée de l’original (1h32) sans que l’on s’ennuie dans la thématique de recherche de l’honneur qu’élaborait James Mangold dans son COPLAND en 1997. Les personnages perturbés ou complexes sont aussi le thème de ses films : WALK THE LINE ou la vie de Johnny Cash (2006), UNE VIE VOLEE ou l’internement d’une jeune fille (2000 – jouée et produit par Wynona Rider mais où était révélé Angelina Jolie). Enfin, et lié aux deux précédents, l’identité (son dernier film – un thriller – avait pour titre IDENTITY), la recherche de soi apparaît.

 

Au vu de cette liste, on saisit l’intérêt pour le réalisateur de cette poursuite où va naître une amitié entre un méchant mais qui ne l’est pas tant que cela et cet homme qui cherche non à se racheter mais à libérer son esprit, pour sa femme et surtout ses enfants.

On notera quelques scènes ironiques : lorsque le second (blondinet au regard bleu) se fait appeler Charlie Princesse au lieu de Charles Prince, lorsque le shérif au passé que l’on pourrait qualifier d’assassin (face aux indiens) finit dans un ravin après avoir insulté la mère du tueur car « même un bandit aime sa maman » et dans la remarque sur les yeux verts à la barmaid.

L’intérêt du film tient à l’interprétation, tout d’abord celle de Russel Crowe, bandit presque flegmatique mais efficace pour tuer. Son portrait nous apparaît au fur et à mesure plus humain, voire touchant. Ensuite Christian Bale donne à son personnage le relief qu’il recherchait tant.

 

On pourra reprocher l’utilisation de l’image 3D (un cheval explose), la scène finale convenue, la rencontre facile dans le saloon. Au final, l’ensemble est de bonne facture sauf que cela a une impression de déjà vu.

Au XXIe siècle, un exercice de ce style n’apporte rien au genre passé. Il est vrai que depuis le IMPITOYABLE de Clint Eastwood, il est difficile de faire mieux. Je n’ai pas de films à citer pour donner un contre-exemple si ce n’est le NO COUNTRY FOR OLD MEN qui englobait plus que le western pour le classer dans ce genre.

 

James Mangold semble donc suivre la voie tracée par le film biopic précédent, on le regarde, il y a de l’intérêt mais on sait que l’important est ailleurs.

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