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L'HEURE D'ETE

  • Kitano
  • Films

Souvent, le cinéma français est raillé lorsqu’il ne s’intéresse qu’à son nombril : petits problèmes de cadres avec leurs soucis quotidiens résumés à un cinéma parisien pour bobos. En 1968, Godart disait que l’on ne voyait pas d’ouvriers, de salariés dans les films. Il ajoutera aussi que celui qui travaille 8 heures en usine n’a pas envie chez lui ou dans une salle de cinéma de revoir son environnement. Quarante ans plus tard, cela n’a pas changé.

 

Le dernier film d’Olivier Assayas, nous brosse un portrait (un dessin, presque une caricature) d’une famille qui fait face à la mort d’une mère et du problème de succession. Tensions dans la famille, devant l’appât d’une somme et d’un lieu qui représente sûrement un passé mais certainement plus un avenir.

 

On pourrait penser que le film a deux faces mais il n’en est rien. C’est un brouillon, un film loin d’être réussi et proche d’être raté, qui accumule clichés et longueur.

 

Deux frères, une sœur. Tous ont réussi, dans leur vie privée et professionnelle : l’aîné, Frederic, est professeur d’économie à Paris (il écrit des livres, est invité en radio),la soeur est créatrice d’objets design à New York et le petit dernier est parti en Chine comme directeur avec sa femme et ses enfants. La maison familial est ce lien deux ou trois fois dans l’année pour des retrouvailles. D’ailleurs le film commence par l’anniversaire de la mère qui a 75 ans, sans jamais être contente de ses cadeaux. L’un deux sera symbolique : un coffret de téléphone sans fil, qui ne sera jamais mis en marche avec un mot dessus : « Appelez Frederic pour l’installation ».

Mais la scène qui donne la clé du film se situe à son ouverture : des enfants jouent à la recherche d’un trésor. Ils trouvent une enveloppe avec une feuille blanche. Très vite, l’un d’eux pense à de l’encre invisible qui apparaîtra sous la flamme d’un briquet.

Le film relève de cela. Derrière le vide apparent, une ligne révèle ce que l’on veut amener.

 

Sous les tics agaçants, irritants (le mot est cité dans le film) de cette famille dont deux enfants sur trois veulent vendre l’héritage pour des besoins d’argent, se cache l’histoire de la mémoire, des secrets de famille (la liaison de leur mère avec leur oncle), de la culture. On ne peut s’empêcher de penser au réalisateur et sa part autobiographie car son frère Mishka, journaliste est aussi auteur du dictionnaire rock (se rappeler de son article sur Joy Division dans Rock & Folk).

 

Le scénario ne tient pas à ce niveau là : avoir besoin à ce point d’argent pour vendre deux tableaux de Corot pour acheter une maison en Chine pour l’un et un appartement pour son futur mariage à New York est proche du ridicule. Comme l’est le personnage de la fille de Charles Berling (belle interprétation – scène de pleurs dans la voiture) qui se retrouve pour vol de vêtements et pour détention de drogues. On ne frise plus le ridicule on y est. D’autant plus que la scène finale de la soirée complète celle de l’ouverture, et se veut brancher avec en extrait du rap et un groupe parisien ( !) LES PLASTICINES. La boucle est presque bouclée.

 

Et pourtant. Deux scènes illuminent le film, de ce qu’il aurait pu être, dû être ou ce que j’aurais voulu qu’il soit. Eloïse est la gardienne de la maison, la bonne, la gouvernante, on lui demande ce qu’elle veut comme souvenir. En étant raccompagné par le taxi, elle lui dit qu’elle a pris un vase. Banal pour elle, sans savoir que c’est une création qui existe en exemplaire presque unique. Tout dans cette scène montre l’obscénité de celle devant le notaire. Enfin, lorsque Eloïse va voir une dernière fois la maison, se fait raccompagner devant son HLM par le taxi, ce dernier sort et l’étreint. Cela disqualifie les embrassades des frères et sœur qui sans être étrangers, ont des liens distendus. Le film est dans cette ambiance.

 

Olivier Assayas s’est perdu dans son scénario et en a oublié le spectateur. Au lieu de parler de sentiments, il montre des objets ; au lieu de découvrir un riche passé, il annonce un pauvre avenir ; au lieu de montrer la classe sociale qui aurait été le cœur du film, il s’apitoie sur des privilégiés, au lieu de mémoire, il parle de patrimoine, …

 

L’HEURE D’ETE est un brouillon de film qui n’a pas su trouver son rythme et son modèle qu’était UN DIMANCHE A LA CAMPAGNE.

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K
j'ai oublié d'écrire que de fondu au noir en fondu au noir (comme une succession de tableaux), les scènes vont se raccourcir. Celle finale étant de trop. Il a certes éviter le pathos (pas de scène d'enterrements, juste suggérée par la parole) mais comme tu le disais, on a vu le même film mais le ressenti n'est pas le même.Au fait, j'ai croisé une personne qui parle espagnol et qui n'a pas aimé LA ZONA ! Je ne suis pas seul !
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T
Les enfants sont des ados, c'est vrai que tout est joué sobrement. Ca permet de réfléchir, mais c'est moins " confortable ". Parcequ'on est justement pas dans un téléfilm. 
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K
je m'en souviens, c'est l'épilogue qui fait écho à la scène d'ouverture mais elle est très écrite .... jamais on ne voit la tristesse des enfants (la fille qui veut partir pour une soirée alors qu'il y a son oncle et sa tante)
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T
On a bien vu le même film, j'en suis sûr cette fois, les critiques sont d'accord avec nous. " Complexité " , " mille-feuilles " ...c'est une question d'angle de vue. Si tu retires les feuilles une à une, elles se retrouvent à plat, et tu n'as plus l'épaisseur. T'as oublié la dernière image, la petite-fille qui parle de sa grand mère à son copain. le film se termine, Assayas nous laisse un travail de réflexion.
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A bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog