THE DARJEELING LIMITED
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Confirmation. En 2005, le film LA VIE AQUATIQUE m’avait laissé pantois devant cette comédie douce amère aux gags désamorcés. Derrière un semblant de comédie, une histoire d’amitié, de filiation mais surtout de vieillissement apparaissait. L’impatience était au rendez-vous pour le nouveau film de Wes Anderson et je ne fus pas déçu !
Le film commence par un court métrage : Jack est dans un hôtel parisien lorsque le téléphone sonne. Sa petite amie l’a retrouvé pour un jour car elle s’en va le lendemain. Discussion, retrouvailles sur le lit. Fin. Générique.
Et nous voici avec la deuxième partie – avec tableau pour nous le préciser – qui est le film et qui nous dépayse avec le décor indien de ce taxi qui slalome dans les rues pour emmener Bill Murray à la gare. Peine perdue, il ratera tout de même son train. Et dans ce train, trois frères se retrouvent longtemps après la mort de leur père. Le grand frère a tout organisé pour ce voyage qui s’avère être une quête spirituelle mais aussi dans une autre recherche.
Pas la peine d’en écrire plus. Avec Wes Anderson, l’important n’est pas tant dans l’histoire mais dans les sentiments, dans son positionnement dans la famille, dans la vie,,dans l’universel. La première scène, celle du train raté, est symbolique de la thématique des personnages : ce que l’on a manqué et pas de beaucoup. Nous ne sommes pas dans la comédie mais dans un genre hybride, un film aux émotions à retardement comme le jeu des acteurs, en retrait, en retenue, presque en méditation dont ressort Jason Schwartzwman, aux allures de Ringo Starr impassible.
Les acteurs. Il faut parler des acteurs, car si le scénario des précédents films étaient écrits par Owen Wilson qui joue le grand frère et dont la vie réelle (déprime, tentative de suicide) donne un écho particulier à son rôle (il sort d’un accident de moto, avec des bandages sur la tête et une rupture avec son amie), ce film est co-écrit par Roman Coppolo et Jason Schwartzman (ceci expliquant cela, en précisant qu’il a joué dans Marie Antoinette, dernier film de la sœur de Roman).
Universel est le film par ses relations familiales, ce rapport à la disparition et surtout à la recherche de soi. Chacun des frères est une des possibilités de couples : fini, à venir, à établir. La femme de Adrian Brody attend en fait un enfant mais ce dernier ne l’a pas dit à son frère et n’a pas dit à sa femme qu’il partait en Inde : typique des relations entretenues dans la fratrie. Une phrase est emblématique de la relation des frères : « si nous n’avions pas été frères, dans la vie nous aurions pu être amis ».
La vie selon Wes Anderson sera guidé par les conseils donnés en fin de film, conseils ou plutôt règles :
a) se lever tôt le matin (ce que ne font jamais les personnages)
b) être heureux d’être ensemble (et ce n’est pas facile)
c) avoir des projets d’avenir (qui sont vraiment flous).
Si l’on ne peut classer le film dans la comédie, l’humour est présent : le serpent, le contrôleur indien, la poursuite dans le train avec la porte qui rencontre Jack ou l’inverse, la prise de médicaments. On ne rit pas à gorge déployée mais invariablement un écho est trouvé dans ce périple absurde, surréaliste lorsque le train est considéré comme … perdu !
Ne vous y trompez pas, je ne sais si Wes Anderson est le futur du cinéma américain mais à moins de 40 ans, il est le présent.
