La baisse des impôts n'est plus à l'ordre du jour
-
Nicolas Sarkozy voulait baisser les impôts. Il cherche désormais à ne pas les augmenter. Le candidat UMP avait annoncé pendant sa campagne son intention de "rendre 68 milliards d'euros aux Français", en baissant de 4 points les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) en France, pour les ramener dans la moyenne de la zone euro.
Baisse de la croissance et nécessité d'assainir les finances publiques obligent, l'exercice est jugé impossible. Alors que le Parti socialiste prédit depuis des semaines un plan de rigueur, Bercy cherche à éviter d'augmenter les impôts. Au lendemain des municipales, le ministre du budget, Eric Woerth, s'est engagé à ne relever ni la TVA ni la CSG.La revue générale des prélèvements obligatoires, pilotée par la ministre des finances, Christine Lagarde, a pris du retard. Ce n'est pas faute d'informations, mais parce que le gouvernement n'a pas décidé quel message envoyer aux Français, alors que le paquet fiscal de l'été 2007 (bouclier fiscal, droits de succession, heures supplémentaires) a été perçu comme un cadeau aux plus riches.
La moitié des prélèvements sert à financer l'Etat social. Réduire ceux-ci impliquerait une baisse impopulaire des prestations. La structure des impôts impose un choix entre compétitivité et opportunité politique : en dix ans, l'impôt sur les sociétés a fortement augmenté, ce qui pénalise les entreprises dans une économie ouverte. L'impôt sur le revenu, seul impôt progressif, a fondu.
http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2008/03/24/la-baisse-des-impots-n-est-plus-a-l-ordre-du-jour_1026708_3208.html
