Le dalaï-lama envisage de quitter ses fonctions si la situation dégénère au Tibet
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Après avoir été accusé par le gouvernement chinois d'être à l'origine des incidents qui ont lieu au Tibet, le dalaï-lama a assuré,
mardi 18 mars, qu'il n'avait aucune prise sur la situation sur place et qu'il n'excluait pas de quitter ses fonctions si la situation se dégrade davantage.
"Si les choses échappent à tout contrôle, alors la seule solution pour moi sera de démissionner", a-t-il déclaré devant des journalistes à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où il vit
en exil depuis 1959.
Le leader spirituel des bouddhistes tibétains a également appelé ses compatriotes au calme, condamnant la violence et estimant que Tibétains et Chinois doivent vivre "côte à côte". "Nous ne devrions pas développer des sentiments antichinois. Nous devons bâtir de bonnes relations", a-t-il ajouté. Il a rappelé que l'indépendance du territoire himalayen n'était "pas à l'ordre du jour". A plusieurs reprises, le leader tibétain a prôné une autonomie culturelle de son pays par rapport à Pékin, qualifiée d'autonomie de la "voie moyenne".
"Prétendre que le gouvernement chinois mène un génocide culturel n'est rien d'autre qu'un mensonge sournois", a répondu Wen Jiabao. "Si le dalaï-lama renonce à l'indépendance et reconnnaît que le Tibet est une partie inaliénable de la Chine, comme Taïwan, alors notre porte est grande ouverte pour un dialogue avec lui", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a par ailleurs reconnu pour la première fois que la contestation tibétaine s'est propagée à des provinces chinoises limitrophes du Tibet – Qinghai, Gansu et Sichuan – où vivent des minorités tibétaines.
Selon un bilan officiel des autorités chinoises, les émeutes ont fait treize morts, des "civils innocents" selon Pékin. Les Tibétains en exil évoquent les chiffres de 80 à 100 morts dans ces affrontements. Les autorités régionales avaient donné jusqu'à lundi minuit aux meneurs des manifestations pour se livrer à la police sous peine de s'exposer à des "sanctions sévères". L'ultimatum est passé sans que l'on sache si les opérations se poursuivent à Lhassa car aucun média étranger n'est habilité à entrer au Tibet. "Nous allons étudier la possibilité pour les médias étrangers de se rendre sur place pour constater la situation", a laissé entendre M. Jiabao, sans donner davantage de précisions.http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/03/18/pekin-accuse-le-dalai-lama-d-etre-directement-implique-dans-les-violences-au-tibet_1024345_3216.html
