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PROMETS MOI

  • Kitano
  • Films

Les sorties cannoises se suivent presque dans l’ordre de leur présentation au festival : après NO COUNTRY FOR OLD MEN (des frères Cohen – une réussite) et avant LE BANNISSEMENT (d’origine russe, après LE RETOUR), ce sont des retrouvailles en terres connues, autrement dit la Serbie, pendant deux heures (une tendance cette année) qui vont nous donner le sourire par une histoire remplie de démesure et de couleurs.
 

Le souvenir du précédent Kusturica (LA VIE EST FORMIDABLE - 2004) m’avait laissé le souvenir tenace des vingt premières minutes au rythme endiablé tant sur le fond que la forme (un ours dans une baignoire !). Pour cette dixième réalisation, le ton est donné avec le générique d’une voiture qui roule doucement sur une route enneigée pendant que ses occupants chantent en dodelinant de la tête de façon synchronisée. Musique qui sera bien entendue un des fils rouges. Rien ne sera sérieux – même avec des coups, des coups de feu – avec ce jeune Tsane parti à la ville trouver une épouse pour tenir une promesse faite à son grand-père qui se sent partir vers l’autre monde. Le film est à voir par le prisme de la bande dessinée et du délire du réalisateur. Âmes sensibles au goût raffiné s’abstenir (deux castrations sont présentées) d’autant plus que l’humour est lourd mais jamais vulgaire.  

Ceux qui aiment l’univers de Kusturica en redemanderont après s’être installés dans le rythme. Avantage de cet opus la presque absence de références politiques (hormis deux ou trois répliques et de drapeaux), traitées auparavant de manière partisane et contestable. C’est une détente, des phantasmes qui se déroulent dans les milieux interlopes de mafia de pacotille, de prostitution plutôt gentille. Il ne faut pas s’étonner de voir voler – fil conducteur visuel – un homme canon dans le ciel en même temps que le personnage du maire essaye de ravir le cœur de celle qui aime le grand-père de Tsane, pendant que ce dernier parti à la ville en compagnie de sa vache a aussi pour objectif de ramener un tableau de Saint Nicolas.  

On peut y trouver une inspiration de Tintin qui serait aidé par deux frères (copie de Dupont et Dupont) qui avaient comme grand-père, l’ami du grand-père. Décrire les scènes ne rendrait pas l’euphorie d’un spectacle auquel il vaut mieux adhérer pour éviter le rejet. Et comment ne pas craquer sur le joli minois de l’actrice Marija Petronijevic qui rappelle une Liv Tyler de 20 ans, au sourire naturel ?

Point révélateur, les mécanismes, les constructions (mais aussi une destruction) de machines, objets, maisons, immeubles parsèment le film. Bien entendu, tout cela va se terminer (comme dans un album d’Astérix) par un banquet ou plutôt deux cortèges (un enterrement et un mariage) qui vont se croiser sur une petite route, le tout bombardé de balles par des méchants !

 

PROMETS MOI est à voir comme une récréation, certainement pas au premier degré mais qui rappelle que les histoires peuvent finir bien, en général. D’ailleurs, l’image finale nous montre le cadre d’une fenêtre où apparaissent les mots : Happy End.

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